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Louis ARAGON


 
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Les élégies d’Akram Penjis
Le filtre
Les eaux
Écrit par Akram Penjis   

le filtre dans sa gorge a tari ses sourires, obstrué les obliques de ses intimes souvenirs, roulé les mots doux qui le sauvaient du pire ; dans des boues d'oxymores et des suées de gypse, pilé sa folie d'aimer et sa poésie pour le dire - rançon d'une mémoire dérisoire en cubes d'injures tristes.

 

éloquence de l'indigent - voix des ratures, le verbe il le prend au revers de quelques claques pour maudire ses cadavres et leur fermer leur cloaque. les incantations ridicules de ses vocables piqûres drainent les rengaines de ses encombrants murmures. ses râles d'humeurs sales pourrissent entre ses murs ; l'amour est mort ! et c'est dans ses bras qu'il jure : le temps est affable ! sa chair de mort pure !

 

la bête à qui tout manque repose ses yeux au brouillard qui jaillit de sa glotte plastique, volutes qu'il suivrait de son trou enfin bleu dans le frais ventre d'un vent de la baltique, un désespoir vif se bile en noir convive et par le judas de sa trachée salue l'autre rive ; lentille sur l'immonde elle raconte le songe, le velours pourpre de l'alcôve où son cœur éponge le sang battu par ses artères époumonées, la tendresse répandue sur des feux – simagrées, la tristesse enragée de ne plus soutenir l'or et le fil invisible des ces hurleries fines.

 

de fond de son lit son cancer a un l'alibi : l'amour suffit ! à faire le cercueil d'un transi.

 
Passant la Briance
Les eaux
Écrit par Akram Penjis   

passée la Briance, c'est là exquise, que finit notre méprise. coupés ! les ponts de l'espérance. défaussés ! les hasards de routes esseulées. révolus ! les bouquets d'insouciance à nos vides incandescences. baisers ! délices ! tranchant d'hélices désossées dans les combles de cerveaux névrosés. par ces forêts les branches ont des cris de bêtes affamées... l'automne danse à mes pieds, sa ronde de jaune fièvre, de gris cœur, de marron d'eau, de rouge feu follet. braises ! épices ! nécroses de toute beauté. balais étoilé de caresses sur les plaies de fortunes damnées... spectres d'étincelles ! sur les ruines de plates lunes. froid du ciel ! sur les genoux amers et fébriles. dans ces abîmes où le soleil brûle comme l'acide, les solitudes jumelles s'en vont par saint-jean-le-froid reposer leur visage viride. et puisqu'il faut vivre ! vivre ! vivre ! vivre ! allons ! pleins à l'ombre décomposée de nos désirs. et puisqu'il faut vivre ! vivre ! vivre ! vivre ! que vienne la chute de ces anges terribles

 
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