la faille a tremblé terre atterrée
atome secoué mauvaise blague
sang versé d'immense vague
derrière mon écran devant ta télé
une fois encore
une fin d'hiver en stupre détresse maîtrisée
images surfant l'ouragan voyeuriste
de consommateurs autrefois touristes
risque étouffé face aux antiques alizés
tu pars comme ça comme ci où gît ton âme perdue
sacrifice du défi technologique en boniment
descente des bleus enfers l'œil hagard des cumulus
tes vides terre-pleins au souvenir de leur enterrement
incendie feu fumée, Sendai
centrale histoire hoquetée, Fukushima
des familles pulvérisées, Minamisanriku
une cure d'iode administrée, banzaï !
Pendues au fil fibre optique déguerpissent les ambassades
rétine avisée ambiance électrique sur une prévisible noyade
Aldébaran sans signe de nuit le nuage du naufrage te retrouvera
même dans l'au-delà et même dans l'en-deçà
et pendant ce temps la mémoire te rappelle dans la futaie des désespoirs
et pendant ce temps Benghazi gémit dans la douleur matutinale
et pendant ce temps où Manama agonise dans le bruit complice
la vague émonde la modernité et les tamaris crachent leurs ultimes tavelures de liberté