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« Voici ce que j'ai pensé : pour que l'événement le plus banal devienne une aventure, il faut et il suffit qu'on se mette à le raconter. C'est ce qui dupe les gens : un homme, c'est toujours un conteur d'histoires, il vit entouré de ses histoires et des histoires d'autrui, il voit tout ce qui lui arrive à travers elles ; et il cherche à vivre sa vie comme s'il la racontait. »

Sartre, La Nausée.

 
 
 
 
 

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Les vertiges de Bruegel-2-Bois
Inside émeute
Sexhumance
Écrit par B2B   
27-12-2011
L'alcool amnésique colle au pas de mes sorties

pluie de baisers trop faciles à la fin des nuits

le battement d'ailes d'un papillon

dans ce verre en guise de cocon


J'ai écouté crazy again ton coeur épris

l'amour parti sans prévenir

à te retirer ton sourire, à te détruire

te consumer et te perdre avec l'inconnu

et devant lui te mettre à nue

chat noir chat blanc, la nuit nous sommes tellement gris


L'alcool amnésique hante mes nuits

paranoïa dans le creux de mon lit

ma raison en désordre

mes envies en contre-ordre


Transformer le déclic en tragique

mes désirs sont inside émeute

sur les murs blancs de fidélité

à lacérer une haine inconsolée


Et quand j'ai la mémoire sale

dés-infectée à plus de soixante-dix degrés

du liquide froid sur mon coeur sec

du vent chaud sur mes yeux mouillés


Rien n'est plus beau que désirer

c'est comme avoir les racines à l'envers

au moment de tester la fureur qui nous reste

ramer sans conscience face aux vents contraires


je me souviens ta salive chaude

hésitante à t'éprendre contre mon corps à prendre

ton regard probe et ton amour vérité égalité éternité

ta mémoire meurtrie qui m'échaude.

 
Vitesse déchue
Pour mémoire
Écrit par B2B   
17-12-2011
On dit que tu ne reviendras plus

comme les guerres et l'arme nucléaire

imprimées dans des mémoires qui n'en ont pas l'air


ô temps perdu nous as-tu vu pas même perçu ?

dans les vallées trans et alpine à moins faire le fanfaron

le feu dans tes bronches et tes rails de vitesse déchue

nous sommes la nature et nous ripostons


nous sommes des anti-Tav, des furieux de liberté,

des déchristés sauvages et fous d'une vie volée

ô temps, ô perte, on ne peut être sans toi,

juste pour, juste contre,

mais pas sans, à l'infini de nos envies


au son glaçant de nos rires

tu auras beau juger nos délires

tu ne nous feras pas partir ce sourire

qui occupe cette zone à détruire


alors le temps que tu nous voles

nous le regagnerons à te le faire perdre

il y aura toujours des gens à chuchoter

des ripostes et des réactions à la hauteur des temps passés


une bombe dans chaque narine et une colère amassée depuis que tu existes

 
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« Si tu parles, tu meurs, si tu te tais, tu meurs, alors parles et meurs ! » Tahar Djaout
 

« Est-ce que je suis encore libre ? Pourquoi suis-je dans ce monde dégueulasse de tapages, d'instruments chirurgicaux, de pelotages sournois dans les taxis, dans ce monde sans Espagne ? Pourquoi ne suis-je pas dans le bain, avec Gomez, avec Brunet ? Pourquoi n'ai-je pas eu envie d'aller me battre ? Est-ce que j'aurai pu choisir un autre monde ? Je peux aller où je veux, je ne rencontre pas de résistance mais c'est pis : je suis dans une cage sans barreaux, je suis séparé de l'Espagne par... par rien et cependant, c'est infranchissable. »

Sartre, Les chemins de la liberté. L'âge de raison.

 
 
 
 

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