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« Voici ce que j'ai pensé : pour que l'événement le plus banal devienne une aventure, il faut et il suffit qu'on se mette à le raconter. C'est ce qui dupe les gens : un homme, c'est toujours un conteur d'histoires, il vit entouré de ses histoires et des histoires d'autrui, il voit tout ce qui lui arrive à travers elles ; et il cherche à vivre sa vie comme s'il la racontait. »

Sartre, La Nausée.

 
 
 
 
 

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Les vertiges de Bruegel-2-Bois
Sourire
Pastis Burgoni
Écrit par B2B & Pif   
09-10-2011

un trait délicat souligne le sourire

l'horizon comme un garrot

la pâleur éclatant la scène

la rupture n'est plus loin

 

dans la pénombre le soulier confondu

sombre dans la terre mise à nue

obscurcis par ce visage sans corps

aux effluves d'un chant de Maldoror


dans l'ombre du doute surgissent les remords

dernière cicatrice égayant ton cou

tes amygdales en collier de jeunesse

perdue foutue vidée suicidée

 
La rue
Pastis Burgoni
Écrit par B2B & Pif   
08-10-2011

espace assommant aux ombres

épidermiques corps dénudés

sous les prémisses des toits échancrés

un regard bleu coule sur le mur

au carrefour des vies diurnes

l'âme blanche flotte dans le pré

bar après bar champs après champs

au milieu des badauds des bancs vissés

le joyeux traînait ses guêtres

me renvoyant mon mal-être

à la tête à la crinière à la crête

assoupie sur ses paupières de nuit

le soleil s'écrase aux pieds des tilleuls

la pesanteur inexplicable des feuilles

sa couverture

            son coussin

                        son lit

 
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« Si tu parles, tu meurs, si tu te tais, tu meurs, alors parles et meurs ! » Tahar Djaout
 

« Est-ce que je suis encore libre ? Pourquoi suis-je dans ce monde dégueulasse de tapages, d'instruments chirurgicaux, de pelotages sournois dans les taxis, dans ce monde sans Espagne ? Pourquoi ne suis-je pas dans le bain, avec Gomez, avec Brunet ? Pourquoi n'ai-je pas eu envie d'aller me battre ? Est-ce que j'aurai pu choisir un autre monde ? Je peux aller où je veux, je ne rencontre pas de résistance mais c'est pis : je suis dans une cage sans barreaux, je suis séparé de l'Espagne par... par rien et cependant, c'est infranchissable. »

Sartre, Les chemins de la liberté. L'âge de raison.

 
 
 
 

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