Billets

La fin de nos droits

Six ans ont passé. Mes souvenirs sont encore vifs. C’était en janvier 2011, dans la nuit du 14 au 15 janvier plus précisément. Ben Ali avait tout juste été dégagé de son trône. Et nous, pour bien d’autres raisons, on guinchait au Centre culturel libertaire de Lille. On était 53, 53 à subir alors l’incroyable expédition punitive que la police avait voulu infliger aux « sales gauchistes ». Aujourd’hui, dans cet état d’urgence et de violence qui se consolide chaque jour un peu plus, cette nuit de janvier 2011 me reste en travers de la gorge.

Cohen, Adrien, la mort & moi

Leonard Cohen a quitté le monde des vivants le 7 novembre dernier. À l’École Néogonzo de Lille, cette disparition en a ému plus d’un. En particulier Jean Mouline, l’élève aventurier, révolutionnaire permanent et éternel persécuté, dont on n’avait plus aucune nouvelle depuis (trop) longtemps. On ne sait toujours pas où il se terre, mais il nous a fait parvenir ce texte puissant, en hommage à une voix, à des paroles, à un (grand) auteur… Mais pas seulement.

« Montée de la haine »

Le texte qui suit, quelque peu naïf et balbutiant, a été publié le mercredi 29 mars 2006 dans le dernier numéro du C’est Pas Encore fini. Une petite parution sauvage fabriquée quotidiennement par des étudiants investis dans le mouvement anti-CPE – certains Lillois s’en souviendront ; dix-huit numéros diffusés gratuitement, de main à main, à plusieurs centaines d’exemplaires, à la fac et dans les manifestations. La veille de la sortie de ce numéro, plus de 50 000 personnes avaient envahi les rues de Lille. La manifestation était tellement grande que sa tête avait rencontré sa queue : du jamais vu. Mais à cet engouement collectif avait vite succédé un brutal rétablissement de l’Ordre. C’était il y a dix ans, bordel…

Mort par la France

 « Ce ne sont pas des soldats, ce sont des hommes. Ce ne sont pas des aventuriers, des guerriers, faits pour la boucherie humaine - bouchers ou bétail. Ce sont des laboureurs et des ouvriers qu'on reconnaît dans leurs uniformes. Ce sont des civils déracinés. Ils sont prêts. Ils attendent le signal de la mort et du meurtre ; mais on voit, en contemplant leurs figures entre les rayons verticaux des baïonnettes, que ce sont simplement des hommes. » Henri Barbusse, Le Feu, 1916.

Sans titre (de propriété)

A Rémi,  Zyed, Bouna et toutes les victimes des violences policières.

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