Billets

Cohen, Adrien, la mort & moi

Leonard Cohen a quitté le monde des vivants le 7 novembre dernier. À l’École Néogonzo de Lille, cette disparition en a ému plus d’un. En particulier Jean Mouline, l’élève aventurier, révolutionnaire permanent et éternel persécuté, dont on n’avait plus aucune nouvelle depuis (trop) longtemps. On ne sait toujours pas où il se terre, mais il nous a fait parvenir ce texte puissant, en hommage à une voix, à des paroles, à un (grand) auteur… Mais pas seulement.

« Montée de la haine »

Le texte qui suit, quelque peu naïf et balbutiant, a été publié le mercredi 29 mars 2006 dans le dernier numéro du C’est Pas Encore fini. Une petite parution sauvage fabriquée quotidiennement par des étudiants investis dans le mouvement anti-CPE – certains Lillois s’en souviendront ; dix-huit numéros diffusés gratuitement, de main à main, à plusieurs centaines d’exemplaires, à la fac et dans les manifestations. La veille de la sortie de ce numéro, plus de 50 000 personnes avaient envahi les rues de Lille. La manifestation était tellement grande que sa tête avait rencontré sa queue : du jamais vu. Mais à cet engouement collectif avait vite succédé un brutal rétablissement de l’Ordre. C’était il y a dix ans, bordel…

Mort par la France

 « Ce ne sont pas des soldats, ce sont des hommes. Ce ne sont pas des aventuriers, des guerriers, faits pour la boucherie humaine - bouchers ou bétail. Ce sont des laboureurs et des ouvriers qu'on reconnaît dans leurs uniformes. Ce sont des civils déracinés. Ils sont prêts. Ils attendent le signal de la mort et du meurtre ; mais on voit, en contemplant leurs figures entre les rayons verticaux des baïonnettes, que ce sont simplement des hommes. » Henri Barbusse, Le Feu, 1916.

Sans titre (de propriété)

A Rémi,  Zyed, Bouna et toutes les victimes des violences policières.

De la fête à l’émeute. Retour sur le pilonnage de la rue Henri Kolb

Quelques temps après l’intervention policière de la rue Henri Kolb du 12 janvier dernier – que j’ai rapportée avec toute la rigueur journalistique que l’on me connaît –, le Resto Soleil a reçu une menace de fermeture administrative de deux mois. Ce bar-pizzeria – ou cette pizzeria-bar, c’est selon – a « été signalé » au préfet « pour des infractions relevées tant par la police nationale que par la police municipale ». Notamment lors de cette désormais fameuse irruption nocturne des forces de l’Ordre, dont le récit qu’elles ont envoyé au préfet n’est qu’une parodie déglinguée de ce qu’il s’est réellement passé. Hélas, au-delà des hallucinations, les emmerdes, elles, sont bien réelles.