Yvon Cousin : les Identitaires sont aussi mes amis !

En juin 2008, une journaliste zélée de La Voix du Nord offrait généreusement une petite tribune aux responsables de la Maison du peuple flamand implantée à Lambersart. Rappelant qu’ils étaient issus de Jeunesses identitaires – sans évoquer les fondements nazillons de ce groupuscule –, la consœur concluait inconsciemment : « ils proposent à leurs opposants de " passer le portail et de discuter avec nous ". L’invitation est lancée. » L’affaire de la « maison de l’ignorance gallo-flamande » secoua Lambersart. Durant l’automne, la ville – trop – paisible fut traversée par une manifestation antifasciste. L’élu UMP Yvon Cousin, blogueur du dimanche, gavé de carbonade flamande, se fendit d’un billet condamnant tous ces manifestants adorateurs de la haine et de Rouillan. Lambersart, ville de l’ignorance ?


• Deux jours après la publication du billet d’Yvon Cousin, le 8 octobre, un Gaulois (ou un Flamand, va savoir ! ndlr) rendit hommage au protecteur de son peuple : « Yvon Cousin, […], adopte sur son blog une attitude plutôt courageuse. Une attitude suffisamment rare pour être notée et saluée. » (Novopress) Peut-on vraiment qualifier de « rare » le fait qu’un élu UMP s'attire les faveurs d'un mouvement issu de l’extrême droite ? Quoi qu’il en soit, il est vrai que le billet de M. Cousin relevait d’une profonde ignorance, similaire à celle des Gallo-Flamands. Le geste « courageux » en réalité ne tenait qu’à la répulsion qu’il ressentit à la vue de ces « quelques dizaines de manifestants se prétendant "anti-fascistes" ».

 

« Il ne lui manque que la batte de base-ball »

Le courageux Cousin n’assista pas à la manifestation. Pour écrire son billet, il s’inspira d’une photo parue dans La Voix du Nord, une photo qui le « glace » : « On y voit certains manifestants, peu nombreux j'espère, qui cachent une partie de leur visage par un foulard. L'un d'eux, au premier plan, a un regard de défi et presque de haine envers le policier qui lui fait face. Il ne lui manque que la batte de base-ball. » Passant, on reconnaît bien là la qualité d’observateur vestimentaire du quotidien.

Le brave est donc « glacé » et tente de se réchauffer dans un délice de raccourcis idéologiques : « je ne crois pas que les soi-disant anti-fascistes soient la meilleure réponse : leurs responsables sont eux-mêmes condamnables dans la mesure où ils n'ont pas banni par exemple la lutte armée que prône encore J.M.Rouillan, devenu un des leurs, déjà condamné pour assassinat ! » Voilà bien une rhétorique basse servant une propagande bien ficelée. Seulement, quand cette propagande fait le jeu de mouvements nationalistes à tendance milicienne, le seuil de vigilance est atteint.

Surtout lorsque M. Cousin enfonce les manifestants antifascistes, « ces "encagoulés" haineux et provocateurs » : « je n'accepte pas qu'en démocratie certains incitent, par leur tenue, à la bagarre de rue. » Pourtant, il ne dit pas un mot sur la culture guerrière du peuple gaulois. Les activités de la maison de l’ignorance lui semblent tellement banales, évidentes, qu’il s’autorise même une petite raillerie à l’encontre des adversaires de la bêtise gallo-flamande : « Une inquiétude me vient soudain : devrai-je bientôt m'interdire d'aller manger une carbonade "flamande" dans un estaminet bien connu de Godewaervelde où le patron ne cache pas ses sympathies pour la "flamitude" ? Tiens, je viens d'inventer un mot. »

« Cousin, facho », comme il se dénomme lui-même, avec l'approbation des Gaulois, bouta les « gauchos » hors de Lambersart et on en entendit parler jusqu’au Conseil municipal. Mais qui portait vraiment la batte de base-ball ?

 

La batte de base-ball néonazie

Revenons sur les fameuses activités de la maison de l’ignorance. Premièrement, dans le concret, c’est stage d’endurance, bière, boxe thaïlandaise et self-défense, tout cela supervisé par un ancien para. Sans oublier les graffiti indépendantistes (Hé ! Hé ! ndlr).

« Ici c’est Rijsel [Lille] » signé Jeunesses identitaires 59 (JI59) et Terre Celtique, les deux associations fondatrices de la maison de l’ignorance

 

Les slogans que les Gaulois entonnent quand ils se réunissent prouvent qu’ils passent la majeure partie de leur temps à boxer : « Racisme non. Identité oui. On est chez nous ! On est chez nous ! » (Hé ! Hé ! ndlr) Ensuite, si tout cela ne suffisait pas pour inquiéter M. Cousin… il y a plus explicite encore.

Comme les divers acoquinements des Gallo-Flamands avec quelques sombres personnages. Il y a une quinzaine de jours, par exemple, Lutte en Nord revenait sur la projection en avant-première du film d’un ancien chef de bande néonazie des années 1980, Sur les pavés, organisée par la maison de l’ignorance à Lambersart. Le blog soulignait le fait qu’il n’y avait que deux avant-premières prévues : une dans le bar de cet ancien chef de bande à Paris, et l’autre chez les Gaulois. Ce qui dénotait une certaine relation confraternelle entre ces deux lieux identitaires.

En outre, et pour en informer M. Cousin, le réalisateur du film fut surnommé à l'époque « Batskin » en raison de son maniement expert de la batte de baseball. Pas sur un terrain de sport, mais dans des bagarres de rues… M. Cousin devrait se rendre sur le site de la maison de l’ignorance, où l’on peut lire, entre autres, que tabasser des crânes à coup de batte de base-ball comme le faisaient les « héros » du film projeté, c’est être un « voyou romantique ».

Les voyous romantiques et Cousin le brave se font garants de l’identité gallo-flamande à Lambersart. Et, dans les rues de cette ville passive, chantent de tout cœur : « On est chez nous ! » •

 

Bonus : Rappelons que Terre Celtique, association cofondatrice de la maison de l’ignorance, pratique les sports de combats pour « reprendre le control [sic] de la rue ». Mais encore ? Que Jeunesses identitaires, seconde association fondatrice, dénonce le « système cosmopolite jacobin » (autrement dit le « judéo-bolchevisme »), que ses membres distinguent « ceux de notre sang » des autres, prétendent combattre les « bandes ethniques », s’identifient exclusivement à la « souche indo-européenne » (de même que le concept de « race aryenne »), considèrent leur peuple menacé autant « par la peste que représente l’immigration-invasion que par le choléra mondialiste » (Hitler parlait des juifs comme un « bacille dissolvant de l’humanité ») et, enfin, ne cessent de glorifier la cité antique de Sparte (système totalement opposé à la démocratie athénienne), dont l’une des règles les plus exquises consistait à jeter dans un précipice les nouveaux nés jugés trop faibles… Toutes ces citations sont en libre accès sur les sites officiels de ces deux groupuscules.

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