Fonds Bertoni pour le Cinéma

Babel

Stéradian posthume et inédit

USA. 2006.

Alejandro González Iñárritu. (scén. Guillermo Arriaga)

Br. Pitt / C. Blanchett / G. Garcia Bernal / K. Yakusho / A. Barraza / R. Kikuchi / S. Tarchani / B. Ait El Caid / E. Fanning / N. Gamble / M. Akhzam / P. Wight / A. Bara / M. Rachidi / Dr. Roukhe / Cl. Collins Jr. / R. Esquivel / M. Peña / Y. Murata / S. Nikaido /

- Dédié à Maria Eladia et Eliseo « … les étoiles les plus brillantes de la nuit la plus sombre ».

Film long, film bon. Et ici, film choral dans toute sa splendeur. Qui en douterait, avec un tel titre ? 4 familles, 4 pays, 3 continents, 5 jours, une unité d'action, en nos jours si mondialisés. Ici, Iñárritu étend le propos dans un drame à la vitesse des fuseaux horaires. C'est fou ce que les plans de la lumière du soleil rythment les journées, d'une séquence à l'autre. Pour éclairer quoi ? La petite vie des humains, leur vie ensemble. Une situation vire au drame, le drame devient un cauchemar, dont les conséquences, parallèlement, se répandent comme une mèche à combustion lente d'un bout à l'autre de la planète.

Au Maroc, un papa berbère achète une carabine pour que ses deux fils protègent les chèvres des chacals. La « vie » de la carabine, une M70 Winchester calibre .270, sera le véritable fil rouge du film. D'une montagne, s'entraînant au tir, les deux fils testent la portée des coups et atteignent un bus de touristes. Dans ce bus, un couple de Californiens tente de renouer après la disparition de leur 3ème fils, mort-né. Ils ont laissé la garde de leurs deux jeunes premiers enfants à leur gouvernante, une Mexicaine quinquagénaire en situation irrégulière. La femme du jeune couple est atteinte par la balle perdue, le bus s'arrête dans un village. Loin de là, la gouvernante n'a d'autre choix, le jour du mariage de son fils au Mexique, que d'annuler ou de prendre les enfants avec elle pour la journée. À Tokyo, ce jour-là, une jeune fille sourde et rebelle passe sa journée entre son père affairé, et sa vie d'adolescente. Avec ses amies, elle tente avec beaucoup d'espoir de séduire des hommes, jeunes ou non. Pendant que la femme californienne reçoit des soins de fortune en attendant que l'ambassade US et le Maroc trouvent un moyen de la sauver au milieu du désert, la gouvernante de ce couple arrive au mariage, les enfants découvrent le Mexique, et se mêlent à la fête. Lorsque le neveu de la gouvernante, à la fin de la nuit, tente de ramener les enfants à San Diego, le contrôle à la frontière se passe mal. Il décide alors de forcer le barrage pour ramener coûte que coûte sa tante et les enfants chez eux. Paniqués, la Border Patrol aux trousses, il laisse les enfants se cacher avec sa tante au bord de la route en plein désert et en pleine nuit. Au japon, la police cherche le père de la jeune femme car elle a des questions à lui poser, et cette dernière a peur qu'elle ne le soupçonne d'être impliqué dans le décès de sa mère. Aussi, pour protéger son père qu'elle sait innocent, et aussi parce qu'un policier lui a plu, elle rappelle les flics à son appartement. La police marocaine, elle, doit faire la lumière sur l'Américaine blessée, car l'opinion publique internationale ainsi que les autres touristes soupçonnent des terroristes sur l'origine du tir. Les flics interrogent le berger qui a vendu la carabine à l'autre berger. Celui-ci avoue avoir eu la carabine d'un chasseur japonais. Il lui donne pour preuve une photo montrant jadis les deux et la carabine, se défendant ainsi de l'accusation de terrorisme. Quelques collines plus loin, les enfants préviennent leur père des faits dont il est accusé, et avouent leur faute. C'est la panique, ils fuient. Au Mexique, la fuite nocturne de la gouvernante et des enfants tourne elle aussi au cauchemar. Épuisés, au petit jour, ils se séparent et la gouvernante hors d'haleine finit par se faire ramasser par une patrouille, qui l'arrête. Mais au moment de retrouver les enfants dans le bosquet où elle les a laissés, ils n'y sont plus. Alors que la journée avance au Mexique, de l'autre côté du Pacifique c'est la nuit, et le policier japonais annonce à la jeune fille qu'il recherche son père non pas pour la mort de sa mère, mais pour une histoire de blessure par balle impliquant une carabine achetée sous son nom. La jeune fille profite de la présence du policier pour se livrer à lui nue, avance qu'il repousse, désolé. La police marocaine, elle, stoppe finalement la cavale du père et de ses deux fils, rattrapés dans les collines en possession de la carabine, mais au cours de l'arrestation le plus grand écope de deux balles et meurt sous les yeux de son père et son frère. Le petit, après avoir brisé l'arme sur les rochers, se livre alors et avoue avoir tiré seul sur le bus. La touriste est dans le même temps enfin héliportée du village berbère vers l'hôpital de Casablanca, où les flashs des photographes et des émissaires de l'ambassade les accueillent. Aux États Unis, la gouvernante apprend que les enfants sont retrouvés, ainsi que le neveu qui les conduisait. L'agent lui signifie aussi que le père, au Maroc, averti, ne portera pas plainte malgré le choc, mais par contre que le gouvernement l'expulse. Elle a le père au téléphone et le remercie, effondrée, avant de lui passer son fils, renouant ainsi avec l'une des premières scènes du film, entendue de l'autre bout du fil. Il pleure en entendant la voix de son enfant. Le père de la jeune Japonaise rentre chez lui et croise le lieutenant de police. Il lui confirme qu'il a bien donné l'arme autrefois à son guide marocain. Le lieutenant part boire des verres de saké en lisant le mot que la jeune femme lui a glissé dans la main. De retour chez lui, le père retrouve sa fille nue sur le balcon, il la serre contre ses bras dans la nuit babélienne et scintillante de Tokyo.

Pour celles et ceux qui n'auraient pas vu le film, ce Stéradian.

sHb, 30.11.2012

Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne

Stéradian posthume et inédit

Steven Spielberg

Anim’

USA NZ 2011

À partir de 3 ans

Le défi de reprendre le perso d'Hergé est plutôt relevé. Ça gicle bien, l'esthétique rendue par l'espèce de Pixar est usée jusqu'à l'os (la scène de la poursuite du faucon aux trois parchemins vaut son pesant de Grand huit, à voir sans doute à la Géode pour un effet optimal), mais ça passe bien. L'alcoolisme de Haddock est assez souligné, et Sakharine en descendant de Rackham le Rouge vaut bien l'antisémitisme latent des BD sous un angle où Spielberg s'est bien fait plaisir. Vaut son pesant de pop-corn belge, sans doute, sans plus de traces dans l'histoire de la littérature supplémentaire. Puisque c'est la mode d'adapter des bédés au cinoche, on peut pas reprocher à Spielberg d'avoir choisi un truc que le commun des spectateurs de Marvel va considérer comme ringard.

The Dyatlov Pass Incident

Stéradian posthume et inédit

2013

Jolie prouesse, bien que pas la première du genre. 2 étudiantes et 3 étudiants, férus de montagne et de psycho, veulent savoir ce qui est arrivé à un groupe de 8 autres étudiants russes, en 1959, tous disparus en même temps dans des conditions inexpliquées depuis. 50 ans plus tard, équipés pour le Trekking, dotés d'une bourse universitaire, bardés d'appareils, des caméras, de son, de vivres et d'anoraks, ils partent donc à Tcheliabinsk tenter de piger. Mais ils vont pas être déçus. Faut dire, s'ils savaient que Tcheliabinsk 40 est un des ex-sites nucléaires les plus célèbres, à leur place j'irais pas sans une bonne combi ABC, et autre chose qu'un compteur Geiger de poche. Un peu comme lors de Blairwitch Project, la forme et le fond vont s'interroger mutuellement dans un joyeux ballet d'horreur, bien plus dansant qu'une série genre Scream. Car on va passer de l'auto-reportage (au début on croit vraiment à un documentaire, images d'archives, de webcams, de journaux télé s'entremêlant gentiment) au road movie de haute montagne pour une rando de moins en moins pittoresque et de plus en plus flippante. Évidemment, aucune connerie ne nous sera épargnée, et vu le succès des Rec (on doit en être au 4), des Scream, des Blairwitch et autres trucs pour ados zombiphiles et complotistes, ça peut rencontrer un certain succès public. Encore un film qui donne envie d'aller voir la Russie post-nucléaire avec des pincettes. Et dire qu'on leur livre encore des porte-hélicoptères, à l'heure où je tape ceci, tandis que les millions de tonnes de joujous de l'ère soviétique sont pas encore tous périmés. Ça promet encore de belles archéologies, sur les traces des traces des traces...

L'alarme à l'œil (les poètes à l'assaut de la guerre)

Article posthume publié initialement dans Le Père projo n°2 (été 2013)

Le climat s'étant résumé partout à l'hiver, depuis octobre dernier, pas étonnant que les fictions aient explosé aussi vite qu'un boom des naissances. Prévisible humanité...

Rien de personnel

Stéradian publié initialement le 5 janvier 2013

2009

Darroussin / Podalydès / Greggory / Doutey / Breitman / Lanners

Un de ces chefs-d’œuvre… Le cinéma, ça ne se fait pas d'un coup de baguette magique, ça tombe bien, l'entreprise « tertiaire » non plus. Ici, on va nous montrer, un peu, comment. Un film en trois coups de baguette, mais de maestro, pas d'illusionniste. Une histoire banale, et finalement complètement folle. Un patron réunit ses employés à un gala, avec conjoints. Ça trinque, ça jase, mais ils sont officiellement conviés à une sorte d'évaluation sur leur travail, avec l'aide d'acteurs professionnels mêlés aux invités. Tout le monde joue le jeu de la « culture d'entreprise », et échange au cordeau dans ces « mises en situation ». Un remaniement de service, vas-y, gère. Une info sensible qui fuite, gère. T'es évalué, sauf que tu sais jamais si c'est du faux, ou du vrai qui saigne, gère. Mais du strapontin de service aux premiers balcons, tout le monde ne voit pas la même chose, du spectacle entrepreneurial. Et surtout pas en même temps. Découpé très rigoureusement, des plans aux séquences, des cadrages aux profondeurs de champs, on comprend de ce film hyperchoral comment des infos sur le rachat de la boîte, et le plan de licenciement qui va avec, ne vont s'égrener que d'une scène à la suivante, pas à pas. Et du syndicaliste à l'acteur malin, du patron à la secrétaire, du cadre brave au brave nettoyeur des chiottes, du jeune loup arrogant à la jeune louve arrogante, on découvrira combien on ne badine pas avec le jeu. L'entreprise, c'est le réel. Quand on y cache quelque chose, c'est toujours un acte de guerre.

Aparté :

Sur la question Crise / Travail, y’aurait moyen de fomenter une révolution. Suffirait de projeter, par exemple sur la façade de l'usine Toyota, à Valenciennes, les films Sauf le respect que je vous dois, Rien de personnel, Ressources humaines et L'Emploi du temps. Du matin au grand soir…

Le 51e Etat

Stéradian publié initialement le 5 janvier 2013

2002

Très distrayante petite connerie pour ados, car ça parle drogue, bagnoles, flingues. Pas très fine, du coup, non plus, la romance Carlyle-Mortimer, exs de leur Etat, elle tueuse, lui roublard, se retrouvant unis par les liens enfin, et qui parsème cette sarabande tarantino-bennyhillesque, toute cousue de vannes anti-britishs version US, ou anti-US version Albion. Mais sinon, tous les clichés les plus cons sur ces hégémoniques anglophones, vus les uns par les autres, nous font souvent passer de plaisants moments. « La drogue est votre amie », non mais sans dec’... Carlyle rayonnant, qui débite insanités sur baignes, tel un Begbie tainspottinguien de jadis, pour te sortir un « les Etats Unis ?? Pffff. C'est l'Albanie avec des néons, ouais ! », depuis sa Liverpool de merde, ça en jette un peu, surtout en face de Sam L. Jackson qui se fout de tout aussi, sauf de son fric et de son joli kilt. Ça se passe surtout de toute jugeote (quatre fois l'expression « boules de mammouth » en une seule course-poursuite), de toute mesure (ils grillent autant de caisses que de bastos en virevoltant les travellings), et de toute finesse (skins traitant Jackson de « macaque »), du coup ça se bouffe crument, en riant sincèrement, entre deux rots de Boddingtons ou de Miller, selon le point de vue. Après, c'est vrai que depuis la chanson éponyme des New Model Army, on avait pigé que l'élève ricain a dépassé le brit' maître, en termes de "qui colonise qui" : We're W.A.S.P’s / Yeah proud American sons / We know how to clean our teeth / And how to strip down a gun… Après, c'est vrai qu'elle est pas mal, son ex.

Le guetteur

Stéradian publié initialement le 5 janvier 2013

2012

Chouette, un polar violent. Plein de flics se font fumer dès les soixante premières secondes, du grand art en plein Paris. Mais le mec de Critikat.com, Benoit Smith, se fait chier plutôt patiemment à vous expliquer en quoi ce polar n'est qu'une fin de soldes placidienne, alors je vous renvoie à ça. Mais trois acteurs en bonne forme : un Gourmet qui se tord le visage, de sourire hypocrite en larmoiements mielleux, nous rappelle joliment l'étendue de son immense registre, un peu contrairement à un Kassovitz trop militairement impassible pour être honnêtement autre chose qu'une « gueule », et un Auteuil, se bonifiant toujours, mais sans trop s'y retrouver. De Placido, on avait aimé la participation à l'anti-carcéral Mery per sempre ; il a pas pris une ride, à nous causer d'amours et de prisons.

Les Liaisons dangereuses

Stéradian publié initialement le 5 janvier 2013

1988

Dieu que Malkovich est encore plus lugubre que la première fois que je le vis, au milieu de ces viennoiseries poudrées, costumés de jabots et de froufrous, sous surtout sa perruque mozartoïde. Qu'il a le regard malin, pour un gros malin qui se targue de draguer la Pfeiffer sans en tomber amoureux. Chaud donc, le Choderlos de Laclos : on flirte avec le Sade, son contemporain des oisivetés machiavéliques. Mais pas assez. Depuis 1995, on dirait même qu'ils ont… vieilli, nos tourtereaux si vigoureux de fougue. En tout cas, on a bien fait de niquer l'aristocratie. Car depuis 1995, niquer sans entraves n'est effectivement plus un privilège dans le moindre des collèges.

La Tête la première

Stéradian publié initialement le 5 janvier 2013

2012

Chic titre, pour vêtement d'apprêt à ce petit film chouette. Dans la série des bluettes modernes et fraiches comme des histoires d'amour de l'époque, celle en cours (pieds nus sur les limaces, Belle épine...).

L'échange (Proof of Life)

Stéradian publié initialement le 5 janvier 2013

2000. R. Crowe / M. Ryan / D. Morse

Tiens, encore un, de ces gadgets facho-compatibles dont notre cher Occident regorge à plus savoir quoi en foutre, entre Rambo et Terminator, entre jouets pour adultes (BlackBerry, paintball, BMW Caiman...) et cinéma pour gamins. On dirait le superbe La légion saute sur Kolweyzi, dégraissé finement par ce boucher de la Villette de Manchette, voici longtemps (chroniques ciné, in Les Yeux de la momie, Rivages). Voyons voir. Morse travaille au Panama, ou vers là. Y’a du pétrole, la jungle, des guérilleros, et Meg Ryan sa femme qui l'aime. Morse se fait enlever, rançon. Crowe, celui qu'on attend comme le Capitaine Flam, « quand il n'y a plus aucun espoir », s'impose donc comme négociateur. Évidemment, la négociation ne se fait pas, parce qu'avec ces salopards de bouseux panaméens, on ne peut pas, du coup on va y aller en force, « comme au Panama ». Marrant, ce ballet « amoureux » de Crowe versus Morse. Car ça devient un film sur les porteurs de sourcils en mode accent grave. Du coup, face à tous ces regards mielleux de dragueurs virilement mièvres, condescendants comme d'une montagne de sirop, la Ryan a, logiquement, du mal à choisir. Pourtant, Morse, un habitué des rôles qu'on ne peut qu'assumer (sale con ou pauvre con, ça dépend un peu), en est le champion, de ce regard, un peu comme si on venait toujours de lui chourer son bifteck. Ici face à Crowe, donc, c'est presque ça, et il a l'air bien schlague, le pauvre, dans sa prison crottée, à attendre son sauveur en cauchemardant qu'il ne se chope sa meuf entretemps. Crowe, qui passe du costard-cravate-négociation-drague à la tenue drague-treillis-maquillage-façon-buissons-mitrailleuse-M60 en un égorgement et deux trois pentes en roulades. Qui hésiterait encore ? Certainement pas notre Meg. Bref, belle merde, quand même, si on sort de ce jeu d'yeux de cocker triste à chialer assez indemne pour se le farcir jusqu'au bout. 1995 ne me rajeunit pas, Meg Ryan en brave cruche non plus.

Madame Edouard

Stéradian publié initialement le 5 janvier 2013

2003

Dans la série « débilités inutiles », apparemment, ça manquait à notre Michel Blanc, unique rescapé encore potable, surtout à la réalisation, avec la Balasko, de ces naufrageurs de la satire qu'ont été ceux de la fine équipe du Splendid, mal partis depuis l'école du rire du Club Med de Trigano, mal arrivés sur celle de TFN, euh, TF1. Un commissaire fan de tricot, non mais oh...

Private Resort

Stéradian publié initialement le 5 janvier 2013

1987

Belle merde, plage, soleil, piscine, et les fesses de Johnny Depp à 17 ans (avant 21 Jump Street). Il a bien fait de passer par ce ciné-là assez vite.

Omertà

Stéradian publié initialement le 5 janvier 2013

2012

Le bio gendre des Invasions (barbares) s'encanaille en belle racaille, et fout les foies à une belle blonde flique (tu es une police, toi ?, à l'anglaise s'il vous plaît). Bon petit polar plutôt politisé sur le doux monde du trafic de lingots de haut vol. La Fed aurait une réserve d'or qui reposerait sur une escroquerie, des lingots de tungstène. On imagine le scandale... Assez violent, choupi.

Lady Jane

Stéradian publié initialement le 5 janvier 2013

2008

De la chanson des Stones, histoire de rappeler les passés, de nos acteurs-persos. Du nouveau noir chez Guédig’, on dirait un peu la tentative de Klapisch, moins aboutie ici. Mais intéressant. On comprend vite qu'ils ne seront cette fois pas les doux rêveurs gauchos de l'Estaque. Bien noirs, moins politiques, toujours polymorphes, nos cocos nationaux.

Burn After Reading

Stéradian publié initialement le 5 janvier 2013

2008

Clooney et Pitt cons comme on en redemande.

Le pharmacien de garde

Stéradian publié initialement le 5 janvier 2013

Jean Veber

Yan est Breton. Il est aussi pharmacien. Qu'il débarque, ce perso complètement incroyable, vide, pédant, pseudo-fou, absolument digne d'une blague carambar, avec son con de pote flic, François-Guillaume Depardieu, dans ce film de merde est déjà une prouesse du ciné français. Mais que du début à la fin, ce faux tueur fou mal joué par Vincent Perez et son faux flic faux écolo nous conduisent bel et bien au bout d'une heure vingt-quatre minutes (très longues) de tirades, passant par l'écologie, la pureté de la terre, les druideries aux poisons savants, et l'amitié, souligne assez le talent de Jean Veber qui signe cette inquiétante merde, produite par Nicolas Vannier. Restent Alice Taglioni qui reste assez belle pour m'énerver, et Légitimus qui reste assez idiot pour m'attendrir. Mais ça ne sauvera pas ce minable polar français, et dommage que ce soit Guillaume D., qui soit mort, car c'était le moins nul des deux. Ok, je comprends tout. Veber Jean est le rejeton de Veber Francis, celui de La Chèvre etc. Du coup, il aurait intérêt à s'essayer au cor des Alpes, à la danse, ou au Backgammon, à l'occasion.

Désaccord parfait

Stéradian publié initialement le 5 janvier 2013

Antoine de Caunes

Ch. Rampling / J. Rochefort / I. Nanty / I. Richardson / S. Kunz / Y. Jacques / Boy George

Pas mal, enfoiré. Bien visé.

(Tiens, je me suis fait larguer.)

De rouille et d'os

Stéradian publié initialement le 5 janvier 2013

Jacques Audiard

M. Schoenaerts / M. Cottillard

Marrant : pour le premier film qu'il fait plus avec Benacquista, il lui en pique une de ses plus percutantes idées dramatiques : le héros qui se réveille, une piaule d'hôpital. Au lieu de lui manquer une main, là, c'est ses deux jambes, alouette.

Escalade

Stéradian publié initialement le 5 janvier 2013

2011. Charlotte Silvera.

Joli petit truc espagnol. Une proviseure se voit assaillie par ses bacheliers, en arrivant ils sont encore gentils. Mais c'est à la moitié du film, qu'il commence. Et pas qu'à moitié. Bref, pas mal.

The life before her eyes

Stéradian publié initialement le 5 janvier 2013

U. Thurman / E. R. Wood / E. Amurri / G. Brennan / Br. Cullen

Un genre de Elephant, plus psychodramatique encore, plus inquiétant, presque.

Skyfall

Stéradian publié initialement le 5 janvier 2013

Rien à dire, c'est vraiment nul.

Looper

Stéradian publié initialement le 5 janvier 2013

Bruce willis s'est une fois de plus permis de se looper.

600 kilos d'or pur

Stéradian publié initialement le 5 janvier 2013

Éric Besnard

Cl. Cornillac / A. Dana / Br. Solo / P. Chesnais / G. Klein / J.-P. Martins

Il est des films dont la facture s'en ressent, niveau prod. TF1 ? Indubitable signal, qu'on aura, même à échapper à Jean Reno ou Luc Besson et ses disciples (Taxi, B13...), au moins un Bruno Solo plus connard que nature (et loin de sa caméra-café), des armes automatiques dernier cri, des quads dans la boue, de la Guyane française à gendarmes, à orpailleurs, à explosions, à commandos. Des plans numérisés saturés de couleur vidéo 56000 tons, agrémentés de travellings aéroportés qui nous feraient croire qu'on « domine » la jungle comme une vulgaire ZAD nantaise ; une mangrove propre comme une pub Fa douche ; des Noirs et des Indios de-ci de-là ; un scénar love à la 10 petits nègres où les derniers qui restent finissent en couple, en vue de la pelle finale ; une morale à la truelle (l'or, ça brûle les mains) ; et cet interminable goût de chiottes qui nous donne de l'amertume même à repenser aux quelques petits riens, qui nous ont plu. Et puis y en a marre de ces films de pub, français jusqu'au polo Lacoste, où des douzaines de clones de François Cluzet nous causent sur ce ton (ici, B. Solo, ou le gars des services secrets), entre deux sourcils froncés, une chemise bleu-cadre, et ce sentiment arrogant d'être au centre du monde.

The Words

Stéradian publié initialement le 5 janvier 2013

Sympatoche, pas transcendant. Ce qu'il en coûte, de chourer un manuscrit anonyme, dont l'auteur te retrouve, au firmament de ton succès... usurpé. Une bonne tête de trouduc désolé, du coup, au 1er rôle. Rare, pour ça.

L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford

Stéradian publié initialement le 5 janvier 2013

B. Pitt / C. Affleck

Longuet mais très correct petit western, et puisque c'est passé de mode depuis les 50's (et l'innommable tarte de Bon Jovi), ça rend curieux. Casey Affleck, qui a bien fait de laisser son frère faire les merdes pour se garder la part belle, a bien fait aussi de remettre son chapeau de cow-boy en tombant les gants de cuir, depuis le flippant… Ici, ça défouraille sec et au Colt. Et la lente ascension de ce freluquet dans le giron de LA bande à Jesse s'en rapproche dangereusement. Comme l'Histoire nous le narrera... d'ailleurs jusqu'au titre le plus traitre de ma carrière de spectateur.

Bobby

Stéradian publié initialement le 24 novembre 2012

USA 2006. E. Estevez

W. H. Macy / A. Hopkins / H. Belafonte / Sh. Stone / D. Moore / M. Sheen / H. Hunt / E. Estevez / L. Fishburne / J .Jackson / Sh. LaBeouf / H. Graham / Ash. Kutcher / Br. Geraghty / L. Lohan / N. Cannon / J. Bryant / Sv. Metkina / Fr. Rodriguez / Chr. Slater / J. Vargas / E. Wood / Sp. Garrett / M. E. Winstead…

Lecture d'un film contextuel. Faits historiques (la mort de Robert Francis Kennedy, « rfk », alias « Bobby ») et faits de vies privées (notamment Estevez pour Demi Moore, « à la ville ») font-ils toujours une bonne fiction (Bobby, ici présent) ?

Ben, voyons voir. On reprendra JFK, MLK, RDN, LBJ, Malcolm X, McCarthy, etc... plus tard.

NB. Après un premier tri selon le 'statut' des personnages (par race / par genre / par classe), on a relevé diachroniquement les évènements dont sont le jouet un personnage après l'autre, tout comme seront relevées diachroniquement les actions et informations soulevées par le film, et enfin les incises des discours de RFK. Cependant, pour des raisons évidemment dues au fait que les personnages, sujets d'un scénario, inter-agissent, la lecture de ces relevés d'évènements ou d'actions ne pourra pas se croiser ici à la lecture comme elle le serait à l'écran. Merci de considérer toute confusion comme fortuite et indépendante du film, mais tout à fait normale et dépendante de nous, bavards chroniqueurs sans talents.

Mammuth

Stéradian publié initialement le 24 novembre 2012

Delépern et Kervine

Depardiew / Adjani / Moreau / Lanners / Godin / Siné / Hosmalin / Annegarn / Poelvoorde / Miss Ming... [avec un remerciement aux « acteurs de complément » (figure-toi) ; un Gérard « premier assistant » réa, et une Cécile, non pas première assistante, mais « deuxième assistant » réa (wow)]

Ça faisait longtemps que je voulais voir ce film. Parce que la fine équipe de Groland, parce que la moto, parce que Depardiew, parce que. Pour voir, en somme. Et j'ai bien fait, d'attendre, avant de l'insulter trop pour sa vie, envers pas si étroit, de son œuvre, à ce gros bourge. Le Gérard, celui de mes Fugitifs, de mes Blier, et de tant, tant, tant d'autres joies. Car, en pleine contradiction de son image éternellement ressassée, celle 'publico-médiatico-Michel-Drucker', celle de sa présence dans la campagne de Sarko, ou entre deux ouvertures clinquantes de ses restaurants, bah au cinéma, par contre, il vieillit, le bougre, et nous le raconte. Il est gros, mais c'est pas ça qui est nouveau. Nouveau, ce sont ses cheveux longs, qui ont poussé, depuis la découverte du nouveau monde de Ridley Scott et le départ d'une renommée « internationale », en 1992. Nouveau, c'est Yolande Moreau, qui récolte ses Je t'aime, pas une Adjani. Pas la Bouquet de chez Chanel, si compatible avec une renommée « internationale ». Nouveau, c'est ce film qu'on croirait écrit pour un hommage, en mode dernier tour de table. Comme un enterrement, mais vivant, libre, et poétique. Beau, en un mot. Beau comme cet écran, entre le travail de cinéma, et la vie, hélas, plus vraie.

L'idée, bien que pas nouvelle, est simple, et pas con du tout, sur l'époque.

Un type un peu bête, qui n'a pas vu passer l'ère internet, doit retrouver, pour sa retraite, ses anciens boulots, çà et là, pour en récupérer les dernières fiches de paye, histoire de la toucher « à taux plein ». Pas con pour au moins deux raisons. La première est de nous foutre le nez dans la merde dans laquelle on est, tous-se-s, chaque jour, à différents degrés, pour faire valoir le moindre papier, dans cette époque formidable qui commence d'ailleurs à vieillir, elle...

Du coup, ce Mammuth épais et tendre, il va y aller comme à la main, et oui, carrément, sur les traces de nos vertes années, les 2000, les 90, les 80, les 70. En vrac. Pas à pas, sur une moto encore plus vieille que ça. Et vu les rencontres, ça vaut le coup de s'arrêter, et de flâner un peu, en effet, pour ce joli film, énième réussite de nos 2 barges anars, pour qui aussi, la vie est trop courte pour être trop con.

Ensuite, c'est que y aurait deux façons d'interpréter la réponse, à rétorquer à cette époque de tous contre tous. Comment on fait, quand ça va pas ? Ou bien c'est chacun pour sa gueule (le chercheur d'or, le recruteur, le forain, la voleuse, le vigneron, le poissonnier, l'épouse), ou bien on s'arrête, une seconde, on respire, on ouvre les yeux, on ouvre les narines, on ouvre les bras, on ouvre le cul (l'épouse, la nièce, le cousin, dont on passera sur le plaisir de filmer un Depardiew en pleine branlette, le fossoyeur, le motard). Devinez dans quelle bande on préfèrera se trouver ? Peut-être que quand on y est, ou sera, qu'on s'en foutrait, de laisser gagner l'autre bande.

C'était celle-là, la deuxième raison. Tout ça sur des images très maitrisées, d'une séquence à l'autre, d'une narration en proie aux doutes et aux rêves, à celle d'un passage bucolique travellingant. La musique rythme gentiment cette photo granuleuse, saccadée comme une super 8 de vacances, et nous plonge dans ce bain dont on sort, en effet, comme révélés : oui, on l'avait connu autrement, le monde, qu'en LCD, en boites d'intérim, en rocades, en sms, en faillite des acquis, non seulement sociaux, mais moraux, professionnels, familiaux.

Et on compte bien le rappeler, aux yuppies fachos qui accouchèrent de l'ère Reagan-Sarko. À coups de films, s'il le faut, de films en pleine gueule. Parce que les Depardiew, ça décongèle après les ères glaciaires. Mais ça crèvera pas.

Le Grand soir

Stéradian publié initialement le 24 novembre 2012

2011. Fr. Delépine – Kervern

Poelvoorde / Dupontel / Fontaine / Lanners / Moreau / Depardiew…

Puisque c'était un aprèm, on s'est maté Le Grand soir. Qu'est-ce qu'on a ri.

Depuis qu'ils se sont (un peu) émancipés de la chaîne commerciale, on ne compte plus les tentatives de nos collègues journalistes, grolandais de leur état, de nous sensibiliser à la Révolution. Louise-Michel annonçait, un peu par l'absurde, la couleur des titrailles sans ambages. Pour Mammuth, on verra ça.

Le Grand soir démarre donc un matin. Poelvoorde, en punk-à-chien-le-plus-vieux-d'Europe (m'étonnerait d'ailleurs... la 8°6, ça conserve plus que ça), fait sourire (il se réveille, bourré, dans une benne, dit à son chien : « Bon, un petit café », et joignant le geste à l'idée, dégoupille une cannette), mais semble mal à l'aise, dans cette compo d'Apache déchu, paresseux fier et fragile, punk farfelu, seul comme pas deux.

Ce qui fait un peu chier, pour ce nouveau brillant à accrocher au firmament d'un cinéma de la critique sociale (elle est comment la critique ? Gagné, Madame, elle est comme la lutte : elle est so-ci-ale. Putain d'épithètes de bouchés). D'un ciné critique et burlesque. Car c'est justement à l'inverse, hélas, de ses innombrables rôles de pitre flicard, et pour lesquels la complicité, pour toute révolution, doit se tapir, sans doute, sur un échelon de la courte échelle d'accès à l'ascenseur social d'un « collègue » comme... Danny Boon ? Qui, enfin parisien, qui, enfin flic, qui, enfin arriviste parvenu, n'a, à part sa Godrèche, Rien à déclarer ?(d'ailleurs, à voir ce film, si, au fait : la France est toujours moche de sa débilité, obsédée de ses frontières. Allez donc voir ça de Belgique si vous nous croyez pas). On n'ira donc pas s'étonner, ici, de l'absence, notable, de notre Armentiérois embourgeoisé national (pas vrai, « Danny » ? « pauv' mais... con »?). Ni le regretter.

Pas besoin, Poelvoorde va nous la faire sentir, cette France qui sort par les yeux de générations d'habitants de partout, de ses rocades marchandes, aussi infinies qu'interchangeables, dégueulasses de fascisme architectural et social, à l'image de ces encastrables caddies, vrais squelettes symboliques, de ces périphéries urbaines moches, et soi-disant « traversées de vie ». Quelle vie ? À part les deux frangins, justement, et justement parce qu'ils le pètent, ce plomb, loin des suicides solitaires et campagnards, la seule vie qui y paraît, c'est les sourires nazillons des étiquettes de packaging.

Une ZAC comme décor, pour ce tout nouveau western, traversée sur les chapeaux de roues par cet indien urbain et son urbain, trop urbain de frangin, Dupontel, brave cow-boy du capital, naturellement au bord de l'implosion, à vendre des matelas dans un univers en toc petit-bourgeois. D'ailleurs, autant recruter Poelvoorde pour lui faire jouer autre chose que son facho de perso fétiche relève de l'habileté, autant recruter l'ami Dupontel pour lui faire hurler ses douleurs commence à relever d'un cliché, tant même lui, des planches jusqu'à Bernie, n'a que peu joué autre chose (plus tard, le beau La Maladie de Sachs, de Winckler). Mais il n'a surtout pas eu besoin d'une clique comme ceux-ci pour se tailler une sacrée part de marché sur le segment psychopathe exorbité. Vous avez déjà vu Enfermés dehors ?

Puis, ce joli clin d'œil, en forme d'aînesse politique (un brin arrogante ?), mais qui force la curiosité : cette référence, à la bible, terrrrrroriste, du moment, déchargée ici de pas mal de sa poudre à canon (de perlimpinpin, oserait-on demander ?), L'Insurrection qui vient, et dont le vigile le transmet, comme on le fait d'un brûlot, d'une chose effectivement subversive, ayant pris le soin de l'emballer dans... La Vie devant soi ! Petite suggestion pour dire au Comité rédacteur, réputé « Invisible », qu'« au boulot, maintenant » ?

Réconfortant petit encart publicitaire, donc, en forme de nostalgie solidaire post-punk : « We're not dead ». Le slogan traditionnel, pour les plus jeunes d'entre nos lecteurs, étant « punk's not dead », et vu les gueules de ces cadavres, artistes de l'autodestruction et autres désenchantements (« No future ! »), on comprend qu'entre les hygiénismes conjoints, du skinheadisme au rap, ils en aient eu pour des décennies à devoir le rappeler. Un bouquet final en ressort vivant, ici, corrige le tir : « Nous sommes tous des punks à chien ».

On pourrait ajouter, conclusif, et chantonnant, « Les bour-geois sont tro-ublé-e-s, de voir pas-ser les schlagues ». Réconfortant, comme une bouillotte, comme un Ken Loach, mais, peut-être, pour tous ceux, pour qui traverser Carrefour sans en sortir en ayant abattu 125 personnes est un défi quotidien, à ne pas mater le soir, si on veut s'endormir, sur des lendemains qui chantent, des ça ira mieux demain, et autres saute-moutons…

Argo

Stéradian publié initialement le 24 novembre 2012

2012. US-Can. Ben Affleck

B. Affleck / ...

Bien. Affleck est désormais un intello, tout le monde sera d'accord là-dessus. Il a réalisé The Town, Gone Baby Gone, en 97 il avait déjà scénarisé ce crack de Will Hunting, alors c'est un intello. Mais, comment notre intello du jour a-t-il dû penser cette énième tentative d'Hollywood de nous rappeler l'évidence : que

- les méchants sont, non plus les Apaches, non plus les Russes, mais les Iraniens, et que

- les gentils sont les Ricains, cosmopolites, et pas du tout responsables, les pauvres, des haines religieuses et fratricides qui déchirent çà et là le Monde non-libre ?

Comme on est pressés de se marrer, à Lille43000, on est pressés de savoir, et on mate dare-dare Argo, dont pourtant le faux ami insultoïde devrait nous dire de faire gaffe...

Va-t-il penser la géopolitique à la manière, feutrée, du Munich de Spielberg, perle d'un ciné raciste et accusateur, aux antipodes de ses excuses post-nazies de Schindler's list ? Non, Affleck est d'une autre génération, d'une autre étoffe.

Alors va-t-il, à la mode turque, copie conforme du si « raciste » (M. Boujut, Charlie, années 90, sic) Midnight express d'Alan Parker, avec ses gardes moustachus si injustes et méchants, dans une époque (1978) où dénoncer les prisons aurait pourtant pu ressembler, par exemple, au hasard, à dénoncer la sur-présence noire, dans ces uniformes oranges, proto-guantanaméens, aux USA themselves ?

Non plus. Alors ?

Eh bien tout simplement par l'allégorie d'Hollywood, elliptique parabole d'une société, vous l'aviez tous compris, où la machine à rêve, machine à trêve, est capable, telle Dieu, de tout. Évidemment.

En fait, Affleck, comme tout le monde, a surtout choisi son camp, depuis la frousse de la Somme de toutes les peurs : que tout pète partout à coups de missiles.

Or, c'était pas facile, depuis Gone Baby Gone, tellement plus près d'un cinéma « social », qui sied à son rang d'intello, oùses regards tendres et lucides sur le prolo bostonien et ses malheurs en ont dévoilé tous les secrets si utiles à nos facs de socio.

Heureusement, en histoire du Proche-Orient, par contre, il a dû avoir Golda Meir, comme prof. Car le camp choisi ne sera pas celui de la Révolution iranienne. Non. Ici, l'opération « Argo », 1979, un film bidon, des diplomates, une révolution, et hop : Hollywood, prétextant d'un tournage bidon, a sauvé 11 ressortissants US de leur ambassade, très bien. Mais... sont au courant, que pendant ce temps-là (temps que de vils plumitifs baptisèrent « Irangate ») la CIA, et un général, Poindexter, armaient gentiment Khomeini contre Pahlavi ? Qu'en clair, ils les ont moins sauvés, ces 11, que bien foutus dans la merde ainsi que tout un peuple ? Non, on dirait, ce sera peut-être au programme du bac, l'an prochain.

Le Bac, y a longtemps qu'Affleck l'a empoché, à l'assaut de l'Histoire. Il pense, donc il filme : Hollywood rend grâce à Hollywood. Et pour se foutre aussi délicatement de la gueule de ces cons d'Iraniens (qu'avaient qu'à en avoir, des ADM), il doit, entre deux Oscars, avoir reçu une belle médaille de Tsahal. Allah Akbar, Affleck.

On the road (Sur la route)

Stéradian publié initialement le 24 novembre 2012

Fr.-USA-Br. 2012. Walter Salles

S. Riley / Kr. Stewart / G. Hedlund / K. Dunst / A. Adams / V. Mortensen / M.-G. Guay / T. Sturridge

Sorte d'Into the wild, mais adapté de Kerouac, tandis que le bio film du bio Sean Penn l'était de Krakauer. Moi, par kontre, je débarke gentiment dans l'univers beatnik, celui-là même qui servit de matrice à notre ère gonzo, si rayonnante de disciples en pagaille. Du coup, j'ai trop rien compris, à Sur la route, sinon qu'ils sont jeunes, épris de liberté, et que le terme « road-movie » n'a pas dû voir le jour avant le bouquin éponyme (épo-nyme signifie ET synonyme ET homonyme) de Kerouac. Et qu'avant eux, donc, en termes de poésie défoncée, y avait Baudelaire, et rien. Pour moi, le premier film-route est, sinon la Grande Vadrouille, au moins Thelma et Louise, qui, on s'en souvient, ne s'en privèrent pas, de liberté. Je passe sous silence les bordels amoureux, familiaux, amicaux, que notre beat-trio se taille à grands coups de pas, d'horizons z'et de tours de roues : ils sont à peu près pain quotidien, depuis un moment. Le goût pour Proust, sans doute, a tout chamboulé. D'ailleurs, Viggo Mortensen nous le rappelle bien, de quoi le Vieux monde, celui d'Eastwood et Schwarzenegger pataugeant dans leur moyen-âge, était fait. Quel acteur, Viggo. Dans la série, Buscemi opte pour laisser friper sa tronche sous Borsalino, depuis la (bonne, c'est rare) série Boardwalk Empire, et il fait bien, Ellroy doit l'adorer, du haut de ses nœuds paps. Car les époques, 1963 et consorts, sont très joliment photographiées, ils y sont allés mollo sur le sépia pour une fois. Sam Riley est plus qu'intéressant, on l'avait beaucoup apprécié, en Ian Curtis joyeusement divisé, dans le superbe hommage de leur ami photographe, le Control d'Anton Corbijn. On les remercie bien, en guise de biopic à peine voilé, de ne pas avoir pris Di Caprio (On reviendra prochainement sur un John Edgar Hoover, effectivement « joué », par notre égérie androgyne des 90's.) Enfin, Kirsten et Kristen (Dunst et Stewart) donnent de quoi se poser la question, du sens de la route... tant, qu'elle donnerait presque envie de la prendre à l'envers : sur la trace, dans les pas, dans la peau... Après Rhum Express, bien après Las Vegas Parano, c'est donc très bienvenu, cette archéologie de la route, sur les pas de nos pairs, fondateurs frondeurs. Hunter S., si tu croises Jack, de l'autre côté de la road, trinquez donc un Jim Beam à nos santés, si mobiles.

Calibre 9

Stéradian publié initialement le 5 novembre 2012

Jean-Christian Tassy / Éric Cherrière / Chloé Robert

Il est de ces polars, d'un genre plus si nouveau nouveau, mais qui se veulent d'une facture résolument moderne. Celui-ci cumule, jusqu'à la nausée visuelle, les farcissures d'effets de caméras, de musique, de photo et de posture, dits « spéciaux ». En clair, l'allure d'un « vidéoclip hypercinétique » (dixit Noah Lee, de Film Threat). En clair : ça fuse. Malgré cela, tu sens dès le départ que tu vas nager entre les eaux du genre (John Woo, Reservoir Dogs, etc.) : sales méchants, justiciers, victimes, flics, violence. Mais passé le générique, c'est peut-être politiquement plutôt convenu, mais narrativement plutôt solide, pour cette fable un peu absurde. Par plans ultra-courts, on pose en deux-deux notre chère France, et de la racaille à l'élite, la marmite est pleine à ras bord. Vengeance, justice. Ici, grâce à la « magie » des effets « spéciaux » (une voix off par-delà les âmes et un flingue qui bouge tout seul), on passe tranquillos de la perspective narrative d'une jeune pute morte au visage ensanglanté (N. Hauwelle), à celle d'un urbaniste lâche, cadre sup à la trogne d'un JM Apathie plus jeune plus beau (L. Collombert). Lui-même est à la solde d'un maire facho aux abus de pouvoirs « décomplexés », et orné de la tronche d'un Douste-Blazy de plus (Ph. Bussière). Lui-même est à la botte d'un mafieux made in France, à la gueule de connard, donc. Esquisse de la photo de famille du bilan d'une France qui n'est pas, disons pour moitié du film (car après ça disjoncte quand même sévère), sans rappeler feu la sarkozienne, celle qui n'en aura retiré que le dogme de l'arrogance. Justice, vengeance ? Un flic, vieux, sombre et dur, à la trappe de flic (Ph. Burel), dur car la jeune femme est une pute, morte de surcroît, ce qui le guette aussi. L'idée un peu farfelue, quoiqu'originale, c'est que de l'impact dans son cadavre, notre flic repêche en ses entrailles l'arme du crime, un automatique calibre 9 déposé là, comme un rituel africain réincarnant. Petit intermède technique, le calibre 9. Depuis le Luger des nazis, le vieux Colt Python et sa bande ventilée façon Bébel, l'un des plus célèbres de ce calibre must have des vrais barges de la puissance d'arrêt ou de l'impuissance freudienne, c'est selon, c'est le Beretta 92. Ce flingue à 15 coups de grande précision arme encore aujourd'hui tous les corps d'armée d'Italie comme il arma jadis la police du NYPD (vous savez bien, ce département si cher à notre ex-président-jogger en Ray Ban) de Rudolph Giuliani, avant qu'à notre ère, l'autrichien Glock en polymères ne lui choure la vedette, et ce marché. Mais revenons à nos bastos. Ici, c'est le Beretta, modèle chrome, la vedette de notre petit film. Ressuscité, voici donc notre calibre inanimé... hanté par l'âme de la jeune victime. Si, madame. Comme la ville est pourrie de corrompus, comme la petite pute est morte, comme le vieux flic veut que ça change avant de caner, et comme l'indique finement la fin du générique en guise d'exergue, on tuera tous les affreux (Boris Vian) (oui, sic), eh ben ça va saigner. Chic. Si on aime le polar, on se réjouit de voir ce ballet balistique répandre ses litres d'hémoglobine, et les regarder, bercé d'ultra-violence joliment burlesque, dévaler ces pelouses du pouvoir (d'Herbe rouge ?). Surtout un truc à trucages pareils, où la caméra fait un zoom arrière, sortant d'une voiture, élargissant le champ jusqu'au trottoir en traversant la vitre sans la casser ! Mais si on aime le polar, on pourrait vaguement douter, qu'un flic compte venger la pute morte en... tuant tous les affreux. Jusqu'ici, condamnés par un cancer ou pas, on les sait pointer leurs « vengeances de justice » sur bien d'autres « affreux ». ACAB sauf lui, en somme. Dans ce genre vaguement vieillissant, ce serait pas le premier, héhé. 1er film de ce Tassy qui doit avoir aimé J. Statham et Duke Nukem. 1er film, aussi, si identique à l'un de ces jeux de pan-pan-tue-tue téléguidés, les FPS (jeux de tir subjectif) virtuels, si propices à fabriquer des snipers et autres pilotes de drones bien réels. Mais 1er film enfin, réussi « avec le soutien du Défi Jeune » ! Courage, les schlagues et les teupus de tous pays : bientôt un autre, de ces néoTarantino révolutionnaires pourra se voir dédié... avec le concours du RSA. À vos crayons ! Manchette, repose en paix, vieux frère. Eastwood, Willis : on tuera tous les affreux. Vengeance ? Justice ? Calibre 9. On vous aura prévenus.

Lola Versus

Stéradian publié initialement le 5 novembre 2012

2012. USA. Daryl Wein

G. Gerwig / J. Kinnaman / Z. Lister-Jones

Happé au passage de cette bluette petite-bourgeoise supplémentaire (mais dont l'avantage est tout de même de nous épargner et Woodyallen, et Gwynethpaltrow) : ce que cette fausse Bridget Jones étudie. Le silence, dans la littérature de la fin du XIXe. Allons-y. C'est la rentrée, et puisque le film est sans intérêt à part ce détail, comme on dit d'un tableau, offrons-nous cet ex-cursus. Le silence, donc. Un éloge du silence. Stop tout. Les mots doux, les mots d'amour, les mots de tous les jours, stop. Ta gueule. Plus de gros mot, plus de mail, plus un faux pli, plus de trahison, plus de pacte, plus de déchirantes plaintes, plus d'accords, ni de désaccords, plus un seul mot, plus une larme, plus un rire, plus rien. Du tout. Silence radio, calme plat. Place pour autre chose, l'ombre, la mémoire, les mythes, ses mensonges, la cristallisation, le passé, le présent continu, hors-sol, hors-mémoire, vers l'oubli, cet Anti-l'Autre et sa sauvage liberté. En silence, la vie reprend. Seulement en silence. Tenir loin les rêves, l'odeur, la voix, les yeux, leur absence. Plus de contact, plus jamais, le dernier des tacts. Ce dénominateur zéro, celui qui une fois opéré, ne peut indiquer qu'égal à... « error ». Tenir loin le mal, tenir loin l'ennemi, par-delà les frontières de notre empire secret, et défendre cette citadelle coûte que coûte. En silence. Cet Éternel rayonnement solaire de l'esprit sans lieu (M. Gondry). Peut-être que quand ce n'est plus de l'histoire ancienne, c'est que ce n'était, juste, pas une histoire.

La Jeune fille de l'eau

Stéradian publié initialement le 5 novembre 2012

2006. USA. M. Night Shyamalan

P. Giamatti / Br. Dallas Howard / J. Wright

Petite fabulette bien mignonne sur les malheurs d'un pauvre monsieur qui répare piscines et canalisations et rencontre une belle jeune fille aqueuse. Puis s'écoulant, elle se fait vite chiante quand même, la fabulette longuette.

Coupable

Stéradian publié initialement le 5 novembre 2012

2008. Fr. Laetitia Masson / Photo : Antoine Héberlé

H. Fillières / J. Renier / A. Casar

Gnagnagnagnagnagna. (Avec du vrai Onfray dedans, en plus, histoire qu'on fraye avec les vrais – booh, oui, facile, ok). Attention, film cérébral. « Fin en tout cas, euh, Blanche Kaplan ça l'a pas vraiment calmée, les calmants. » Pas mal, celle-là. Qu'est-ce qu'elle est belle, Hélène Fillières, putain... « Pourtant tous les hommes amènent un jour ou l'autre leur femme à Venise. Pas vous ? » Ben si. Tant et si bien que des fois c'est même le contraire. Et que des fois c'est plutôt Rome, voire Brest, en attendant LA, Les Anges... Drôle de film, en tout cas. +++, comme on dit sur les murs Facebook.

Isolation

Stéradian publié initialement le 5 novembre 2012

2006. USA-GB-Irl. Billy O'Brien

E. Davis / S. Harris / M. Iures

L'Irlande, bucolique, qui commence sombrement dans la lande, la nuit. Une ferme, des panneaux « keep out ». Et pour cause. La pampa des célèbres moutons à pulls n'est plus ce qu'elle était : les vaches se rebiffent. Une véto met bas l'une d'elles, mais le veau la mord in utero. Il y a comme un problème. Transferts d'embryons, syndrome, expérience vétérinaire, contamination, et toute la vapeur, chaude, qui s'échappe, condensée, des corps chauds des bovidés, de leurs entrailles, dans le froid des granges. Ces vapeurs qui se mêlent aux sueurs froides du fermier et de son ex, la véto, incrédules. Le veau, mort-né comme un bœuf, surdéveloppé, contient, surprise, déjà des fœtus, à l'autopsie. Bigre, du scénario. En tout cas c'est ainsi qu'avance, avec une précaution, toute réussie de tension palpitante et de curiosité du ciboulot, Isolation, loin des foules dublinoises, entre les sapins brumeux. Faire des génisses plus fertiles, ce qui merdouille, pour en faire des monstres, structure osseuse tournée vers l'extérieur. On n'est pas dans le rigolo Black sheep. On est au pays du célèbre mouton 100% génétiquement fabriqué. Et dans un pays qui n'a pas fini de réfléchir aux questions des grossesses obligatoires, et de leurs dérives, « contrôlées » par la clique anti-avortement... Au pays de pareils barges, en ces temps de disette, comme cette terre en connut déjà quelques unes... ça peut saigner : avec Alien au pays des OGM, comment Dieu reconnaîtra-t-il les siens, fichtre-bleu ? Même sujet que Rundskop (Bullhead, en belge), moins social, plus thrillant, même horreur. Très bien fait, vu l'horrible genre.

Detachment

Stéradian publié initialement le 5 novembre 2012

USA 2011. Tony Kaye / Carl Lund

A. Brody / Chr. Hendricks / J. Caan / L. Liu / M. Gay Harden / S. Gayle / B. Kaye

« Flotter sur l'océan, sans bouée, alors qu'on pensait être celui qui lançait la bouée »... Attention, Brody convainquant, ce qui nous change, par exemple, du Pianiste, de l'Expérience-le-remake. On en est bien content. Ici, la déprime générale, filmée de près. Ici, l'école, un prof qui y croit, mais sait que personne n'y croit plus, alors lui non plus, et au lieu de croire, il agit, le peu qu'il peut, vaillant missionnaire complètement foutu. L'école, post-violente, condamnée à lutter, tous contre tous, de façon permanente, en classe, chez soi, entre les gosses, entre les adultes, et personne, personne, n'en entre ni n'en sort, indemne. On commence en citant Camus pour finir par Poe. C'est classique, et ça mord. Une étonnante photo, des plans flashbacks explicatifs, des photos tirées des mémoires de chacun se cousent comme des illustrations, déchirantes de clarté, et enfin, un tableau noir qui sert à y inscrire du sens, à la craie, dessins animés qui reflètent ce sens qu'y trouvera aussi une élève, esseulée, avec son appareil photo et ses fusains déchirés, ses dessins décharnés, sa famille dégommée... Puis des témoignages, constants, du désastre. Des mots de profs aussi pertinents que les doutes des gosses, que les fêlures des vieux. Personne n'est plus un, une enfant. Personne n'est dupe, de ce jeu de dupes, voir sous les jupes... des cartes. On dirait un reportage post-mortem de la société de progrès, qui, élément après élément, reconstitue le puzzle de la déconfiture. Non, la violence n'est pas nouvelle. Mais ce qu'endigue, partout, ce détachement, celui, par lequel seul, on parvient à une petite, mais parfois suffisante distance, peut-être lucide, ce qu'il empêche parfois, est d’être toujours, et partout en même temps. Alors y circulent des grains de sables, comme des profs, quelques parents, quelques élèves, et quelques autres. Sauf que tout, tout, fout le camp, tout cède, car l'école, c'est pas du cinéma. Le plus beau métier du monde ? Rien que ça, du cinéma : Depardieu a fini restaurateur et présidentiel chauffeur de salle d'une société devenue obèse, de s'engraisser à laisser s’entre-dévorer ses enfants (et bien qu'on soit curieux de ce Mammuth, si enluminé des critiques). Avec ce beau film, si bien habillé des guenilles de la justesse, et quelques autres (on fera un jour un bilan, des films sur l'école), on leur chie dessus, juste, presque, libérés. Une société qui se dévore elle-même... Les fans du paternalisme pennacquien devraient aimer. Pour une fois, ils ne seront pas seuls.

The Holding

Stéradian publié initialement le 3 novembre 2012

2011. GB. Susan Jacobsen

V. Regan / D. Bradley / K. Wareing

Farm-thriller à vaches et à drache (pluie, en ch'ti, NDT), un vrai classique. Mais, coup classique, qu'a rien à dire, à part qu'y drache chez les vaches, et que ça shoote, et qu'ça hurle, et qu'ça s'aime fort à la fin dans cette Angleterre country pleine de landes sous la drache, de vaches, et de cadavres. Pire qu'une p'tite maison dans la prairie.

Avant l'aube

Stéradian publié initialement le 3 novembre 2012

2011. Fr. Raphaël Jacoulot

J.-P. Bacri / S. Testud / V. Rottiers / L. Mickaël

Joli petit polar des montagnes, un Bacri comme on n'en voyait plus, soucieux comme un bourgeois seul peut l'être, franc comme pas deux faux-culs, plus un joli petit repris de justice, arriviste d'occasion, égalent une jolie déconfiture avec plein de gendarmes des montagnes (ils sont bleu clair, du coup). Sylvie Testud décidément revêche à souhait, parfaite en fliquette-pas-si-con. Qui a dit que la police avait choisi d'avance, entre un bourgeois malhonnête et un prolo récidiviste ? Ben... on est pas mal, hélas.

Cellule 211

Stéradian publié initialement le 3 novembre 2012

Le meilleur film vu depuis Hunger, sur les prisons. Petites spécificités ibériques (Basques, etc.), très bien ficelé bien que manichéen à mort, on comprend mieux certaines choses, et apparemment, la vie est encore plus courte dehors, parfois. S'ensuit une grande réflexion sur le « passage » dehors dedans. À montrer d'urgence.

Halal police d'Etat

Stéradian publié initialement le 3 novembre 2012

Rachid Dhibou

Eric & Ramzy

Dire « éric et ramzy » suffit. Dire qu'y a des fans... On regrette J.-L. Bideau. L'Algérie aurait le droit de nous décréter une bonne guerre pour moins que ça. Tu parles d'Indépendance ! Charlots racistes...

2h22

Stéradian publié initialement le 3 novembre 2012

Phillip Guzman

Très propre, la photo de chez ce Guzman-là. Des clairs-obscurs comme amateuriaux, de la neige, de l'adultère, du sang sur le pare-brise. Pas trop original, mais propre. Montréal, des truands. Trop d'ailleurs, on comprend pas tout, de l'ordre dans lequel ils nous sont présentés. Sauf que c'est du plan, et pas du petit. La séquence du plan d'attaque himself vaut son pesant de cacahuètes : minuté à l'extrême, on pense à J. « Hannibal » Smith, et son mythique « j'adore qu'un plan s'déroule sans accroc »... net, propre, comme la tofo. Ici, en plein Canada, un cambriolage maousse se profile. Mais qui a dit qu'un hôtel de luxe était un braquage de croisière ? Une larguée, un couple d'homos bruyants et dézingués, un Russe affamé de bacon, un vieux suicidaire et un mafieux ? Came et neige, quel Canadien n'y a pas pensé ? Ce à quoi nos héros n'ont pas pensé, c'est que contrairement à une banque, un hôtel, la nuit, c'est pire qu'un moulin, et on va en avoir, des imprévus, des visiteurs.

Route Irish

Stéradian publié initialement le 3 novembre 2012

Ken Loach / Paul Laverty

Guerre d'Irak, vue de GB. Loach rigole plus du tout. Ça shlingue bien sûr tout autant que vu des US. Drôle de deuil, le pote et la nana qui se sautent dessus, le corps à peine froid. Ça doit être de l'optimisme « matérialiste »...

Les Emotifs anonymes

Stéradian publié initialement le 3 novembre 2012

Jean-Pierre Améris / JPA-Philippe Blasband

B. Poelvoorde / I. Carré / Cool, y’a Jacques Boudet sans Guédiguian, et la vieille fille rigide qui me plaît tant, là, de son air de Mamie Nova, et qui doit être Lise Lamétrie

Ok. Ça commence comme aux alcoolos et sex-addicted : un tour de présentation de forts émotifs : pleurs, baise, syncopes, et hop. Vu la chanson du générique, on se demande déjà où se planque Amélie Poulain. Mais sachant que Poelvoorde n'est plus à son coup d'essai, quant à se refaire une santé dans des rôles où il nous fait un peu oublier son comique de facho de service, et pour quoi on l'a tant aimé, on est content de le revoir avec cette I. Carré à qui il fouta les chocottes dans ce psycho-thriller il y a peu. À entendre la ritournelle « j'ai confiance en moi » (on rappelle que l'école de psychologie dite d'autosuggestion fondée par la pensée du toubib Emile Coué fêtera d'ici une dizaine ses cent ans), nous vient d'avance comme une vague déprime, comme volontairement exorcisée par la première anonyme « je vais bien... » + sanglots et départ. Mais a-t-elle réussi à s'envoler ? Rira-t-on tant ? Méfiance & circonspection. Rectification : Poelvoorde est ce connard qu'on adore (et dont il abusa carrément voici peu sous les pitreries de Boon). Cool. Il est patron d'une chocolaterie genre usine à papa limite belge (la prod’ est franco-belge), elle candidate en chocolat. Angélique Delange, n'importe quoi (comme un ange, elle a pas de sexe, c'est ça ? ça m'étonnerait, car c'est justement parce qu'elle a celui-là qu'elle semble ici présente...). Fagotée ainsi comme une Adèle Blanc-Sec, on devine vraiment l'influence sépiamane d'un disciple de Genet. En tout cas, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il semble pas étranger aux émotions fortes, notre petit boss véner. Et il fait ça très bien : à son psy, on l'entend quand même répondre à « et vous, les femmes ? »par un très drôle « Je, n'ai pas de problème avec les femmes. Elles me terrorisent », sans sourciller un poil. Sûr que Carré, comme émotive, ça frappait un casting nettement plus fort qu'une sorte de planche muette style Laurent, ou ces grandes vamps Boopoïdes de (merde, celle qui a « tourné aux cotés de » Depp, là, ah oui :) Cotillard. Une question, au bout de la treizième scène : y aura-t-il des boiseries vernies et des dorures laquées aux lumières oranges et feutrées dans tous les plans du film ? (il s'avèrera que oui : ça fait plus « années folles » psycho-rococo-choco, sans doute, et permet de contraster d'autant, dans cet intérieur-écrin propice aux chaleurs amoureuses, avec le froid-monde des webcams, du dehors, ses hostilités). Ah, mes amis, on n'est pas rendus. Les dialogues sont très joliment joués, la folie « émotive » confine soit à l'éjaculation, en effet, soit à la farce, aussi incroyablement gauche que débile. Mais on se laisse prendre, attendris, car comme les amours et les chocolats, la timidité s'attendrit sous la chaleur montante. Et on va pas bouder notre plaisir en râlant sur le capitalisme paternaliste de l'artisanat : ça finit d'ailleurs sur une contre-publicité pour le mariage et les conventions sociales. Mignon, quoi, et encore aussi incroyable, qu'un amour qui roule.

Nadia

Stéradian publié initialement le 25 juillet 2012

2003. US. Jez Butterworth

N. Kidman / B. Chaplin / V. Cassel / M. Kassovitz

Le parfait branleur contemporain rencontre la parfaite petite arriviste endèchée. Ou serait-ce le contraire ? Deux trois moments valent bien leur pesant de poils, sous les roses... Comique fabulette, magistralement interprétée par une Kidman plus qu'inquiétante, muette, et un Chaplin à la gaucherie dans les veines. Belle réflexion, ce faisant, sur le donnant-donnant de ce qui nous meut, de pas avouable, et, partant, sur les attaches, ces bondages. Pas très moral, c'est ça qui est bon.

Zack et Miri font un porno

Stéradian publié initialement le 25 juillet 2012

Kevin Smith

E. Banks / S. Rogen / J. Long / Cr. Robinson / Tr. Lords / K. Morgan / J. Mewes

Ah lala mes enfants, quelle fabulette... allons bon. Tout le monde a entendu parler de ce film qui peut se résumer à son titre : une connerie pour ados friands de porno (pléonasme, surtout si on a passé l'âge ado, rien qu'à en juger de l'expression paterno-pennaquienne « époque pornophile »). Mais oui, il s'y pose LA question : quelle particularité, dans le porno, n'y a-t-il pas dans la vie, ou comment raconter des contes de fées aux adultes ? Ben la particularité, c'est... qu'on s'en tape d'autres (et que là, ça change tout, enfin, parfois), pour la plus grande joie d'encore d'autres... invisibles. Belle « leçon » de tournage, surtout si on veut tourner comme Larry Clark (dixit un pote filmologue). Et quelques clichés sur le porno, des discussions décomplexées, puis des timidités, finalement. Mais enfin, les vaches sont bien gardées. On attend impatiemment : Zack s'est tapé Stacey car Miri a sucé Lester, et vice et versa. Car le carillonnant générique final sauve LA morale, mais on se retrouve chez Disney, plus dans la vie.

Cages

Stéradian publié initialement le 25 juillet 2012

Olivier Masset-Depasse

A. Coesens / S. Stévenin / M. Goethals / A. Bencherif / N. Zerkoune

Sacrément hurlant, comme silence. Ève, une infirmière amoureuse, se retrouve muette après un accident, dont les lésions ne sont pourtant pas la cause : c'est le choc, qui la fait se taire, ne plus réussir à dire, à répondre, à se défendre, à désirer. Son mec Damien est, au bout d'un an, en train de se tricoter sa porte de sortie auprès de Léa, un poil plus jeune, et loquace. Et bien sûr, c'est le drame. Rivalité, amour perdu, mots sur les choses qui ne peuvent que se passer des mots, justement, pour fleurir de ces silences, de ces mystères, de ces mensonges, en secret. Au-delà de la fiction, la très criante question de la prise de parole, au sein du « couple », entre les amants, est ici amenée comme feutrée, par les actes, malgré l’extrémité de la situation (l'accident bien gore), et de sa réaction sans chaîne (la folie amoureuse). Les plans sont serrés, comme les corps, mais les mots, parfois à peine prononcés, se rengorgent, re-capitulent, devant la vérité, devant le cauchemar, et surtout, devant, ou dessous, la voix de l'autre. Un concours des cris animaliers pour des bègues d'origine psychologique et autres logopèdes du cru... pourquoi pas. Mais pourquoi en montagne, ch'tie qui plus est ? (ah, on y est : c'est du belge.) De très bonnes idées, donc, parsèment répliques et plans, parmi lesquels un cas (plus rare dans la vie ou au cinéma ?) de viol féminin, et c'est bien là, toute la question. La possessivité, ou l'amour (« Toujours, tu doutes de moi, hein ? C'est pour ça, que t'as jamais pu m'aider »). Ah... les massages cardiaques... ah, le cinéma. Tu parles... il est comme dans la vie. À chier. Et c'est pour ça qu'on l'aime, lui.

Belle Épine

Stéradian publié initialement le 25 juillet 2012

Rebecca Zlotowski

L. Seydoux / A. Demoustier / A. Schlencker / A. Sigalevitch / J. Libéreau / G. Gouix / N. Maury

« Y r'vient quand, ton daron ? ‒ Je sais pas... Putain la chance. J'donnerais tout pour avoir un appart' comme ça avec personne qui me fasse chier... »On a tout dit, ici. Une lycéenne laissée en confiance à la maison, pour cause de décès, (re)découvre le Rungis de ces late 70's, ses loubards, ses rituels frimeurs, ses pépées qui découvrent le monde, sur de faux airs de Woodstock, et de vrais airs de crise. Ceux qui connaissent la ville de Thiais savent combien ce titre est celui d'un des 1ers centres commerciaux parisiens, de vagues souvenirs me font surtout me rappeler de couleurs psychées, oranges et bleues, de fontaines intérieures carrelées d'azur, et de néons. Le nom, une odeur de mythe. Poétiquement, comme l'indique l’atmosphère, de fauche, de fugue, de questions, de sentiments, de concurrence ado, de secrets de frangines, de bandes desquelles faire partie, ça risque un peu de piquer comme une épine, et d’être beau pour ça (ça doit vouloir dire aussi qu'au milieu de la violence qui couve, y ait la drogue, bientôt, qui guette, libertaire... mais pas cette fois). Belles, ce sont ces ados, dures et désireuses, rebelles, déjà, tant, et soumises sans trop de complexes à ce monde de nuit et de peur qu'on croit si différent de la bourgeoisie de papa. Laisser l'appart' en main à sa fille, en fait une précoce squatteuse, parce qu'elle s'y dévergonde ? Ou une précoce résidente « secondaire », aux frais de la princesse ? Aux sons synthés originaux du mélanco-rock du Rob, on pense aux chansons de Renaud, d'Aubert, de Thiéfaine. Aussi aux vieux logos d'une TF1 encore publique (en fait ce sera l'A2), alors qu'elle dégueulait déjà ces « marlous », ses enfants, et aux bédés de Margerin, aussi, bananes gominées et cuirs chromés, en moins drôle, pourtant. Prudence est juive, pour ajouter au contraste, son « daron » est bien tradi, comme un appel naturel à la transgression. Rungis, encore boisé de ses alentours, fumant et grondant enfin de ses circuits de bécanes, où on cherche son James Dean, son apache sulfureux, son héros, celui qui nous emmènera loin, sur sa bécane, au moins jusque... à la mer. Et on l'entrevoit, celui-ci, le seul bleu-jean dans un troupeau de cuirs noirs, comme à la crèche, viril comme un fumeur de Marlboro, brun comme la nuit, mécano comme un chef. On le reverra vite, on le sait. Prudence et Marilyn, comme une bible et un cinéma. La soeurette joue, d'un trait fuyant la tristesse, la sonate pathétique de Ludwig von B. au piano, d'une rare beauté, comme cette sage sœur (A. Sigalevitch herself). La moto c'est pratique, ça fait peur, on s'agrippe, ça rassure. Ce qui rassure aussi, c'est qu'une bande de copains et une fille, ça permet de changer de mec, vite fait. Ça doit être ça la liberté, mais ça marche rarement pareil, dans l'autre sens, quoi qu'il paraisse. Passer pour une « grosse salope » ? Et en quoi c'est un problème ? Ça l'est qu'entre meufs, ou ça l'est, tout court ? L'exégèse du cousin ashkénaze et rebelle, d'Abigail et David l'a bien prévenue, notre Prudence : face avec toi, c'est une perche qu'on te tend. Pas tout pigé de la fin, les paraboles, moi... salut à toi, jeunesse des 80's.

À bout portant

Stéradian publié initialement le 25 juillet 2012

G. Lellouche, R. Zem, G. Lanvin, M. Perrier, Cl. Perot.

Assez nul petit polar, des flash-balls, des véreux, des fliquettes couillues, Lanvin plus triste con encore que jadis (quelle idée, aussi, de l'appeler « Werner »!), Zem plus hargneux mais aussi mal dirigé que les autres, et un Lellouche aussi mauvais que possible, avec sa fausse gueule du brave-con-qu'a-rien-demandé-à-personne. Intrigue minable, dénouement inexistant, film naze. Superbement français.

Kitchen Stories

Stéradian publié initialement le 25 juillet 2012

Les débuts d'Ikea, entre Suède et Finlande. Une compagnie de développement ménager emploie un inspecteur qui devra étudier le comportement d'un usager de sa cuisine, dedans, afin d'en parfaire les fonctionnalités commerciales. En clair, un type assis dans ta cuisine sur une chaise haute remplace tel son ancêtre la caméra pointée sur l'espace domestique, et comme c'est pas une machine, il va s'y passer quelque chose d'imprévu : un rapprochement humain. Très beau film, à la foi(s) propre et sans trop d'espoir, dans ce que peut, pouvait (pourra ?) une humanité face à l'industrie. N'arriver que trop tard.

Hanna

Stéradian publié initialement le 25 juillet 2012

Très bon petit spy-thriller. Une jeune fille est entrainée son enfance durant sur tout ce que sait lui enseigner son daron. Et vu que c'est un ancien officier de la CIA qui s'est rebellé, ça déboite, en effet. Bien des tournures qui nous confinent au conte, pour grands enfants, des paysages du désert à la neige et vice versa, des complicités enfantines quand même, et une méchante Cate Blanchett qui perdra rien pour attendre. Bref, ça vaut largement le million de conneries annuelles sur l'espionnite US, car c'est d'un romantisme, à défaut d'une vraie idée romanesque. Entre Fury pour le fantastique et Bourne pour le mélo...

Feux rouges

Stéradian publié initialement le 25 juillet 2012

Cédric Kahn

J.-P. Darroussin / C. Bouquet / V. Deniard

Drôle de Darroussin. Malade de son couple, il boit. S'ensuit un sacré bordel. Sur les routes, les feux rouges de son âme tous allumés, dans un truc filmé près de la peau, un lumineux Darroussin plein de doutes et de faiblesses. Très bon.

Swimming Pool

Stéradian publié initialement le 25 juillet 2012

François Ozon

Cohabitation. Un éditeur londonien prête sa maison du Lubéron à une de ses auteures de renom en mal d'inspiration pour une arrière-saison de repos et d'écriture. Seule, la Rampling, Sarah Morton, débarque, donc, pour écrire, dans cette grande villa cernée de collines, de cigales, de pins et de cyprès, et d'une piscine. La piscine, cette ode à la liberté... domestiquée. À peine en possession des lieux, la fille de l'éditeur, Julie, débarque, seule aussi, avec les glaçons du pastis. Quel bonheur, de voir la Sagnier des Limaces ne pas s'appeler Lily mais Julie, si jeune et déjà verte de cette verte arrogance, terrible et jolie, qui nous la fit aimer, piétiner cette quiète intimité qu'y avait nidifiée notre Miss Marple. Évidemment, qu'en face, la Rampling bien remplie, d'os maigres, d'yeux tristes, de renom en proie au doute, ne peut que flipper... Que va-t-il arriver ? Brrr, comme le vent du Mistral dans les cheveux. Car, chance, c'est un polar. Alors allez : osons le Lubéron. Sûr que de ce film « noir », fade comme la Provence, vous n'en reviendrez pas...

Les Traquées

Stéradian publié initialement le 25 juillet 2012

E. Eleniak / K. Costes / E. Gray / St. Keach

Wow, la distribution de rêve de mes rêves d'ado prépubère, sans doute deux des actrices de séries qui m'ont le plus fait bander. Si, j'avoue : EE d'Alerte à Malibu, bien plus pulpeuse, cette moue (non, c'est pas la coquille pour « morue »), que la Pamela A décérébrée qui alla avec ; et E. Gray qui accompagna, quasi muette et pourtant superbe, Buck Rogers au 25è siècle (en blonde), comme Ricky Schroeder (en brune), toujours dotée de ses splendides z'yeux verts, flanquées ici du bio K. Costes, le Bohringer des Sons of Anarachy, et enfin Stacey K., « notre » Mike Hammer de service, plus gueule de c... tu meurs. Teenage review finie, voyons donc un peu cette daube, ressurgie des déluges... eh bien après visionnage, on espère bien qu'elle y replonge, dans la nuit des déluges et de l'oubli, car c'est véritablement, et sur toute la ligne, une innommable merde.

The Greatest

Stéradian publié initialement le 25 juillet 2012

Shana Feste / Sh. F.

P. Brosnan / S. Sarandon / C. Mulligan / J. Simmons / Aa. Johnson / Z. Kravitz / M. Shannon

Attention : histoire triste et dure, mais pas que. Vous n'aviez jamais vu P. Brosnan vous arracher une émotion ? Ben vous vous coucherez moins idiots. Deux parents perdent leur ado, Bennett, qui flirtait le parfait amour d'ado avec une jolie comme lui, Rose... avant de se faire emboutir. Faudrait jamais commencer ses amours sur des routes fréquentables. Ces parents, en deuil de vrai, mieux que chez ce fade Moretti, s'investissent, comme dit le teaser, dès lors, dans la vie de la jeune fille. Cette jeune fille, qui leur apprendra, contre tous leurs fantômes, que la vie continue, si pleine de couleur, de mouvement. Superbes acteurs, trices, tousses. À partir de combien de temps de flirt, à partir de quelle violence dans la mort, s'estime-t-on veuve, veuf ? Pleurer, dès le réveil, à vous faire regretter de pas dormir pour l'éternité, s'arrête-t-il un jour ? Toute humilité, toute réserve, toute tristesse, toute touchante, cette petite histoire, filmée de près, chez des bourges... who love their children too. Peut-être l'automne, qui se pointe, mais... je crois que j'avais jamais chialé devant un film, avant celui-ci, jamais autant. Putain d'amerloques.

Blood Stains

Stéradian publié initialement le 25 juillet 2012

(TV)

Ces Canadiens, quelles vies de dingues. Le générique se termine sur le meurtre d'un jeune vieux type dont on voit qu'il a une relation très courtoise avec une brunette aussi jeune vieille que lui. Car la nana partie, le type attablé à son bureau, ben le coup du reflet du couteau dans le verre du petit cadre du bureau, le mec de dos, ne trompe personne : c'est un meurtre, foi de Terrence et Philip. Générique qui finit donc sur ce crapuleux crime dans un quartier résidentiel aux cases « Tudor », dans l'une desquelles le gars est mort. Là-dessus commence une intrigue bien tendue : la case est rachetée deux ans plus tard par un proc' et sa fille, qui fait immédiatement l'objet d'une convoitise à peine feutrée du jogger Ryan, qu'il faudra, non pas sauver, mais bien avoir à l'œil, puisqu'il épie la carrière de ladite fille sur le web, nuitamment, et qu'en outre, il semble familier (et en mauvais termes) avec la brunette du début. Pas mal, pour un début. Le reste coule, un peu comme un épisode où il manquerait plus qu'Angela Lansbury...

Banlieue 13 – Ultimatum

Stéradian publié initialement le 25 juillet 2012

Patrick Alessandrin / Luc Besson / J.-F. Hensgens (sbc)

C. Raffaelli / D. Belle / Ph. Torreton / D. Duval / P.-M. Mosconi / E. Yung / MC Jean Gab'1 / La Fouine

Et voilà, on change pas une équipe qui gagne... tant de pognon. La bande à Besson remet le couvert, et oui, on s'amuse, à compter les flingues, les répliques, les cascades, tous, « qui déchirent ». Bref, inutile ajout de cette production aussi débile que catastrophiste, qui « dépeint » à peine le monde french ambiant comme si c'était une favela généralisée, avec ses races, ses gangs, tous colorés, même les fafs, en « encore pire ». Doivent le montrer dans les écoles de police, c'est sûr... D'ailleurs, savent pas compter plus loin que 5, ces ethnicistes si « pas racistes » : chinois, arabes, blacks, suprémacistes blancs, gitans. On vous épargne les perles de dialogues, attendus comme un Besson, frenchophiles comme un rêve de Lepénien, assénées par nos deux blancs secs et justes comme une réplique qui se voudrait du Audiard, sauf que c'est du p'tit mickey. Bref, toute la Banlieue 13, à force de rap, de came et de putes, glande et survit, féroce comme un rêve de cauchemar américain, et nos deux héros, le chauve philosophe flic et le tatoué zen yamakazi au grand cœur, comptent bien y faire régner ordre et justice, voire ni l'un ni l'autre, mais en coup de pied sauté ça donne l'impression. Ajoutez à cela : un président-Torreton à faire se pâmer une Chazal, une cheftaine de gang quasi-féministe, des gros méchants encore plus pourris et fachos que tout le monde, et des gadgets de flics, et on a une bonne soupe aux navets, comme au cinéma : des pirouettes, des souks, des RPG, des flics qui morflent, des racailles United Colors qui prennent d'assaut la salle Jupiter de l’Élysée, des leçons d'éco « souterraine » comme à la TV, une scène de Broussli avec un Van Gogh dans les mains, un gros chinois qui cite Sarko, bref, du bon gros Besson bien beauf, bien con. Bien français et bien épais qui a voulu faire du 93, non, pas une banlieue de rappeurs rebelles, mais oui, un super-complexe-cinéma-hollywood-cinecitta-babelsberg-à-la-française. Le 93 va le lui mettre bien plus profond que son projet si grandiose et le film qui va avec, et on l'y aidera, au besoin. Ainsi muni de culture, il pourra enfin apprendre à lire un peu plus d'alphabet que les 6 lettres qui composent le mot « police », notre grand gamin si « punk » (à l'époque de Subway, il se définissait ainsi ! Les punks ont jamais été mis au parfum on dirait...), surtout si BBR. Oui, si Besson crevait, y aurait plus (+) de place pour se garer. Inch'allah. Marrant, pour un type qui voulait repeindre le 93 de sa couleur, de le dénoncer avec des méchants promoteurs de chez Harriburton (sic). Bush, à la retraite, recrute, y paraît. À l'écouter, Besson serait incorruptible. Fais voir...

Code 77

Stéradian publié initialement le 25 juillet 2012

Brad Watson / Debbie Moon / Tim Wooster

Tiens, un moustique, en plein Londres (on avait reconnu à l'absence de tigrures sur l'animal qu'on pouvait difficilement être en Italie. Tant mieux). Ça annonce quoi, un gros plan de moustiques dès le générique ? Gagné : un film de virus. Cool. Ben non, perdu, c'est un film de hackers. Il a l'air nul, aux dialogues des 7 premiers persos. Moustique et animateur radio compris.

Dédales

Stéradian publié initialement le 25 juillet 2012

L. Wilson / S. Testud / Fr. Diefenthal / Le vieux bubar des Portes de la gloire

Générique mégachiadé, on dirait un de ces films français qui font osciller leur « plot » entre philo prophétoïde et sciences humaines au taquet, et veulent dire aux ricains qu'on n'a pas besoin d'eux. Laissez-moi rire. Héhé. Voilà qui est fait. Ici, psychiatrie. Testud joue un gars-nana, tombe bien, ille s'appelle Claude, et nous rejoue la scène démarrage à la Terminator : une armurerie sait-elle vendre quelque chose sans risque ? D'ailleurs, en matière de prophète, il ne tarde pas... Diefenthal barbu et hirsute himself, de ses visions, fait avancer l'enquête vers la vérité vraie. Même ses collègues l'appellent Nostradamus, c'est dire si l'ironie le couvre. Mais ils sont si cons les flics seconds couteaux, quand les chefs sont si divins qu'ils devinent... Que fait la police ? Elle voit à l'intérieur ! De la psychiatrie à la scène de crime, dans l'haletant rythme qui « campe » un peu tout ça (pendant ce temps / six nuits avant l'arrestation...), on ne peut s'empêcher de penser à Vargas, ou Dantec, un de ces « modernes » ploucs. C'est lisse comme du Genet, et pourri comme du Pacte des Loups. Français, en un mot.

Red Road

Stéradian publié initialement le 25 juillet 2012

Glasgow, de nos jours. Machine est une de ces fliques qui voient sans être vue, tous les jours, et les nuits. Elle analyse et guette les écrans qui renvoient la ville, exposée aux mille et une caméras de vidéosurveillance. Zoome, quadrille, alerte, fausse alerte... Et elle a plutôt l'air d'aimer son boulot, dans cette ville de merde, dans sa vie amoureuse et familiale de merde, dans ce monde sans écran, qui ne porte pas bonheur quand on marche dedans des deux pieds. Elle ne rêvasse pas trop, mais les plans de ce petit film nous la rapprochent, elle est appliquée, intelligente. Elle devrait, en toute logique, se retrouver vite et bien fait à avoir très mal. Car le monde est comme les images d'écran, pour ça : cruel. Aussi, vient vite la question de l'évaluation de la peine, du châtiment : comment vivre avec l'idée de quelqu'un qui a « purgé », et qu'on estime encore (éternellement ?) redevable ? Quid de la question du « laxisme », chère aux victimes, et importante aux « témoins » ? Je m'explique : un type est sorti de taule, notre big sister l'a aperçu, et reconnu. Humaine et traumatisée, pas besoin de la doter de système à reconnaissance biomaitrisée et faciale : elle connait ce visage. Et effectivement, il est libre, bonne conduite, etc. Du coup, elle le file, invisible. Elle est la seule à « savoir », et nous, à la mater mater, et on sent comme une complicité pas voulue, tantôt avec elle, voire, tantôt avec lui. Ok, il a la dégaine du criminel pur (en l'occurrence précaire et sorti de taule, mais l'empathie suggérée par les plans rapprochés de son regard de femme, nous font admettre que ça ne peut être que le dernier des enculés), elle, celle de la flique idéaliste et humble. On est loin de Clint Eastwood. Mais tout de même, les Anglais et leurs pourtours, depuis ce Tottenham, et récemment ce vengeur masqué de M. Caine, dans Harry Brown : ils sont chauds de la guerre civile les premiers ? En tout cas, après le cyber-journalisme-google, la vie secrète des geeks et autres télé-freaks, voici un bon docu sur l'enquête via vidéo. Où se situerait, là-dedans, le spectateur lambda, çui-qui-va-voir-un-film ? En tous cas, y a longtemps que j'ai pas pleuré comme ça devant une histoire triste... deux jours, au moins.

Caché

Stéradian publié initialement le 25 juillet 2012

Michael Haneke

D. Auteuil / J. Binoche / M. Bénichou / B. Le Coq

On avait déjà vu ce joli petit polar tendu comme un archet, voyons donc un peu si l'on s'en souvient. Chantage au filmage intime... (Mais non : c'est pas celui où J. Lespert crache des mots tendres de lascars à la gueule de Cluzet, puisqu'ici le bourgeois ordinaire et carrément quidam est D. Auteuil.) On s'en souvenait peu, et c'est dommage. Haneke devient redoutable, question violence, alors ce film entrelardé de coups de couteau, dessinés et rêvés, se prend dans le tapis de nos calmes, pour réveiller la peur en nous. Les films qui causent du 17 octobre 1961 et des 200 manifestants jetés à la Seine sont encore rares, et les positions post-coloniales sur cet événement encore plus. On est donc bien content qu'un Autrichien nous mette le nez dans notre merde. Auteuil, le pif encore frétillant, s'en sort à ce jeu très bien, on comprendrait qu'il se suicide, ou que sa Binoche le quitte. Des questions ouvertes comme des plaies, comme des doutes... pour une histoire qui n'est pas finie, comme lors d'un suicide.

Zift

Stéradian publié initialement le 25 juillet 2012

Javor Gardev / Vladislav Todorov (tiens, tiens…) / Emil Christov

Tiens, un film bulgare. C'est ça, qu'on comprenait pas le titre... Allons bon, quel temps fait-il, là-bas ? Encore un temps à sortir le célèbre coup du parapluie ? Trêve de sottises, ici c'est sérieux. Et c'est un très bon film, un peu fataliste, mais joliment fait, philosophe, presque communiste.

Unknown

Stéradian publié initialement le 25 juillet 2012

Jaume Collet-Serra / Olivier Butcher, Stephen Cornwell (d'apr. D. V. Cauwelaert) / Flavio Labiano

L. Neeson / D. Kruger / Br. Ganz

Berlin. Un bourgeois US et sa blonde y perdent une valoche. Ça craint toujours, pour les bourges, y a que les pauvres pour perdre des trucs sans goût. Le bourge part ni une ni deux la rechercher. Kruger est chauffeuse du Taxi Mercedes-Benz (les jaunes cocus, là... Lors d'une scène future, non deux, on comprendra que MB est un des sponsors, elle fume une Caïman même en marche arrière, avec un transfert de masse à faire pâlir une Subaru !), et patatras, un accident, en plus. Le bourge est de plus en plus un pauvre bougre. Elle doit avoir son BNS en allemand en tout cas, car elle le sauve des eaux très héroïquement, ce qui arrivera quatre fois en tout. Si avec ça elle en tombe pas raide dingue ! Et le Neeson sous défibrillateur, qui, à force de voir des images de sa légitime, et le voilà qui se réanime. Par contre, après 4 jours de coma sans papiers, sa femme au doux visage ne l'est plus, le docteur qu'il est est un autre homme, il est donc « inconnu », et ça sent la manipulation vu qu'il est généticien. Brrr. Le pauvre bougre. Une question : pourquoi, quand un bourge bougre tente de se tirer d'un maousse pétrin, on le voit tout le temps consulter le bottin pour en arracher la page ? C'est l'élan de solidarité individualiste qui nous titille, genre « toutes façons... »? En tout cas, son traumatisme bute sur les chiffres, ce qui est pas malin à l'ère numérique. Et il finit par hésiter : est-il oui ou merde le docteur Harris ? On dirait parfois un petit remake du Frantic de Polanski, H. Ford en moins, ou L. Neeson en plus. Et quelques espions de plus : un tout nickel Bruno Ganz ganz und gar im Bonus. Et au milieu d'une Allemagne taguée par un Oz qu'on lit, rupestre, au moins trois fois, on aimerait vraiment bien tomber sur qui, tintintin ? Oui une D. Kruger toute perdue... Un bio duel, plus tard, de vioques genre Spy VS Spy. Sinon, rien de bien nouveau, à l'Est : la conclusion de ce bruyant polar est qu'il vaut mieux avoir des papiers, et des épouses radieuses. Sans dec. Ça a l'air bien, Van Cauwelaert... il a dû lire Crichton.

Margaret

Stéradian publié initialement le 16 juillet 2012

2011. USA. Kenneth Lonergan / Photo : Ryszard Lenczewski

A. Paquin / M. Damon / M. Ruffalo / J. Smith-Cameron / J. Reno / O. Thirlby

Une jeune fille, rebelle et curieuse étudiante, hèle un bus au démarrage et le suit en courant. Le chauffeur la regarde de loin mais ne s'arrête pas. À force de la regarder, il crame le feu rouge. Et renverse une femme. Elle perd son sang, et va mourir dans les bras de la jeune fille, sous les regards horrifiés des passants, du chauffeur, de la morte, et des nôtres. En une demi-minute, 30 plans d'allers-retours visuels et sonores vers le clash, en forme d'incommunicabilité pour ainsi dire annonciatrice. Ça file et frappe droit dans la gueule, il a l'air efficace, ce Lenczewski, il pourrait faire des bonnes BD. S'ensuit le deuil, et, surtout, un secret, qui feront en bon ménage le lit du remords et de la culpabilité. De la grande morale, sociale, un joli petit film de 2h20 qui ne finit pas de nous garder en haleine. Hélas, malgré toute la justesse narrative d'un Margaret, avec force renforts d'un bon ballet d'acteurs. 2h20 ne sera jamaisassez pour rattraper la justice. Même en gagnant du temps grâce aux ajustements de minijupe de l'héroïne, ou en justifiant les persos par d'improbables J. Reno en comique et doux amant colombien sur le retour. Second film, vu ce soir, sur la complicité et le silence de tout un chacun-e, face à la mort. Et sur la solidarité, ce mot d'une langue morte. Moi, je vais tâcher de me réveiller en vie, promis.

38 témoins

Stéradian publié initialement le 16 juillet 2012

2012. Fr. Lucas Belvaux

Y. Attal / S. Quinton / N. Garcia

Une nuit (One night est le titre in English), une jeune femme est retrouvée assassinée dans un hall d'immeuble. Aucun témoin. Mais un homme a menti. Un cri a bien déchiré la nuit, mais personne n'a rien fait. 38 non-assistances à personne en danger, c'est du jamais-vu. Comment Belvaux va-t-il cette fois nous plonger dans les entrailles de la société (qui m'aura pas) ? Ben, déjà, en évitant cette fois la Belgique (Cavale, La Raison du plus faible…). Et en nous remettant ainsi d'autant mieux le nez dans la merde, loin de l'exotisme wallon. Nos lâchetés, ce thème inépuisable, infiniment pluriel. Pas mauvaise, l'idée d'une Garcia journaleuse, excédant la patience de la brave Quinton, ni le travail de pilote d'un Attal havrais, au demeurant plus totem que jamais (pour une exégèse de la contrition, voir tout Attal, des Patriotes à Rapt). Un bon jeu de sales gueules bien propres (la palme revient au jeune flic, F. Feroleto), donc, et une nouvelle sale histoire, dont, décidément, l'époque ne tarit pas.

La porte des secrets

Stéradian publié initialement le 15 juillet 2012

Iain Softley / Ehren Kruger. USA. 2005. K. Hudson / G. Rowlands / P. Sarsgaard / J. Hurt / J. Bryant

L'accompagnement à la mort, c'est déjà un sujet périlleux (qui, par exemple, se souvient de cette merde, mort-née grâce aux talents de Lalanne et Delon, Le Passage ? En revanche, qui peut oublier ces derniers instants des très palliatives Invasions barbares…). Mais plongez ça donc dans un bon vieux hoodoo, au cœur des floridiens bayous, avec ses noirs rituels bouillonnants, ces mélanges afro-caribéens de grigris z'et de zozos sur fond de revanche post-esclavagiste, dans de grandes maisons coloniales, chargées de souvenirs autant que baignées de marécages… Eh bien faites ça, plongez donc tout ça dans tout ça, et vous vous retrouvez devant un sacré défi culinaire. Comment s'en sortir sans trop nous étouffer des habituelles conneries blairwitchoïdes ? Ben faites peut être comme ce réalisateur, Softley, ou, en cuisine, son scénariste, Kruger. Tout d'abord, armez-vous d'une héroïne (les héros c'est ringard). Cette infirmière, donc, fabriquez-la aussi dévouée qu'empathique, faites-en cette véritable petite rationaliste opiniâtre, puis dotez-la d'un célibat et d'une curiosité d'aventurière. Trouvez-lui ensuite un petit boulot, digne de Teresa d'Avila qui aurait lu Lévi-Strauss et Darwin, occupez-la entre un vieux possédé en soins palliatifs et sa vieille, une rombière aussi louche que pas mal barge. Enfin, flanquez donc vite fait votre infirmière-maison d'un avocaillon aussi idiot que doucement inquiétant, d'une amie noire aussi maligne que jolie aussi, et vous obtiendrez, si vous êtes fort, ce palpitant petit morceau d'ethno-socio-anthropo floridienne d'aujourd'hui. Le titre à la JK Rowling avait pas l'air, comme ça. Mais on digèrera très bien cette bluette polaro-thrilleuse, assez loin, en somme, des bondieuseries ordinaires de nos grand frères les Ricains, depuis Poltergeist III, Amityville et toutes ces blairwitcheries, à faire joujou dans le caca des irrationalismes déguisés en Volk-lore… Depuis 30 ans, They are legion ! Ou alors ? À servir frais, frais comme une Kate Hudson, une belle et jeune qui n'en joue pas trop, campant ainsi son perso dans cette justesse des sentiments humains les plus rares, ceux de la noblesse dont on taille les bonnes histoires. Car, nom de diou, Que peut la force des « pouvoirs » (magiques) contre le pouvoir de la force (physique, celle, par exemple, de la jeunesse contre la vieillesse) ? Que peut la charlatanerie surnaturelle, tant qu'elle ne sert pas ces bas instincts, si humains, et eux seuls, qui l'arment et lui donnent vie ? Petit couac, néanmoins : la… conclusion. Je sais bien que les scènes finales, lors des polars, voire même lors des meilleurs, ont cette tendance à s'emballer, prioritaire sur celle d'embellir. Mais désolé : grimer l'infirmière rationaliste juste sur le dessous des paupières telle une vulgaire sorcière d'Eastwick ressuscitée par le maquilleur de Charmed n'est pas très cohérent, avec le message susdit, lors des délires finaux où l'on voit l'héroïne douter mais pratiquer quand même pour sa propre survie, entre les bougies, entre les doutes... On douterait donc, côté cuisine, des moyens de convaincre le spectateur égaré, sans ce trait « de caractère » ? Vu la fin du film, son message finalement conformiste et « fait à l'envers », on peut juste répondre : faut croire.

Breathing Room

Stéradian publié initialement le 15 juillet 2012

2008. USA. John Suits / Gabriel Cowan

A. Marshall / ...

13 personnes confinées dans un hangar, habillé-e-s d'orange à la dernière mode Guantanamo. Alors bon : si vous avez vu 7even, Saw (je passe sur Saw 2 à 6), The Hole, ou n'importe lequel de ces films qui créent ce sous-genre (le polar 10-petits-nègrien à violence condensée), vous allez plutôt vous faire chier devant Breathing Room, car il reprend un a un des trucs qui sont à présent de vieux poncifs. Si vous ne les aviez pas vus, faites ça vite, mais le résultat est sans doute identique. À peine le piège mortel indiqué dans le titre donne-t-il ici sa dose de froid dans le dos à tout candide lecteur de titre qui aurait (mais à juste titre cette fois) kiffé Panic Room. Reprenez-donc votre souffle, car on en est loin. Un collier va donc empoisonner les prisonnier-e-s, éminemment paniqué-e-s, eu-lle-x, au milieu d'indices disséminés entre autres armes et messages. Qui va réussir à rester en vie, pourquoi qu'y sont là, et qu'est-ce qu'on nous veut, qui a des infos, qui va les lâcher, etc. Koh Lanta est finalement assez pareil, c'est à dire inutile. Après ce « plot » de haute volée, le dénouement est ici nul aussi, la teneur « morale » de cette vague histoire de vengeance dont on ne sait rien étant tout simplement plate, à s'endormir gentiment devant un électrocardiogramme au repos. De l'air, oui.

The Dictator

Stéradian publié initialement le 11 juillet 2012

2012. Sascha Baron Cohen.

Un peu moins drôle que le tordant, quoique tordu, Borat, qui avait quand même, comment l'oublier, valu à Cohen de devoir s'expliquer sur son humour de connard à des Kazakhstanais pas très contents de se voir représentés comme des connards en son Œuvre. Et par un connard d'étranger encore. Mettez-vous à leur place, aussi. Ceci dit, on voit un peu ici comment il a dû prétendre, donc, s'en expliquer : enfoncer le clown (bises, les Bérus). Alors que ceux qui n'ont toujours pas compris que SBC tend justement à l'Occident le seul miroir que ce-dernier reste le seul à croire déformant, au milieu de ses Reflets de France et de Navarre, que ceux-ci, donc, lui jettent le premier caillou d'une nème Intifada1, ou aillent comme tout un chacun faire du journalisme d'opinion à coups de cocktails Molotov dans les rédactions2. Donc, de sacrées perles, encore, ici... Toujours aussi peu sexistes qu'une envolée du Fakir, et tout aussi peu racistes qu'une feinte de n'importe quel Dieudo de bistrot, ça va sans dire. Pourtant, proférées à la volée par notre Baron national, ça passe quand même mieux, allez comprendre. Enfin, et si j'étais né Kazakh, au lieu d'Italien, voire « et si j'étais né en '17 à Leidenstadt » ? Hein ? Qu'aurais-je fait, ma brave dame3 ? Ben... sans aucun doute, claqué de belles barres devant les pitreries de ce film idiot, ilots de joie dans cette contrée de peines4. Certes, il ne vaut sans doute pas son pesant de pépites chaplino-hitlériennes5. Certes, ok. Mais il vaut bien, par contre, celui en lourdes connarderies égotico-bellicistes, celles, par exemple et au hasard, d'un abruti de pouvoir tel que BHL, censées caractériser une Lybie perdue aussi précisément qu'un préjugé racial en forme de Serment de Tobrouk, entre autres pitreries de notre « diplomate » obligé. Largement ce pesant. Léger comme un rire. Un de ces rires, de qui, mais pas avec n'importe tout. Le Mondarabe, lui aussi section de l'anti-monde7, va adorer, on parie ?


1. Intifada = guerre des cailloux.

2. Charlie Hebdo, en 2012, a cramé après avoir publié des dessins « critiques » du résultat des élections « révolutionnaires » tunisiennes.

3. Mon cher Jean-Jacques G.

4. Leiden = peines. Si vous ne me croyez pas et barbotez en contrée de bonheur, lisez donc encore une ou deux chroniques ciné, ci-dessus, ci-dessous, ça devrait vous passer.

5. Oui : contrairement à Son dictateur dans les 40's, Cohen, lui, a quand même sagement attendu les exécutions, dans les 10's, des Saddam, Kadhafi, et autres Osama bin Laden, pour sortir dans les salles d'Orient et d'Occident, du Méridion au Septentrion... Pas con, la guèpe6.

6. WASP = guèpe. Ok, j'arrête les private jokes débiles, z'à thèmes, z'et à tiroirs... promis.

7. http://basseintensite.internetdown.org/IMG/pdf/antifrance.pdf.

L'Enfance du mal

Stéradian publié initialement le 11 juillet 2012

2009. Fr. Olivier Coussemacq

A. Demoustier / P. Greggory / L. Mikaël

Mouais mouais... La nuit, une jeune ado squatte clandestinement les dépendances d'un couple bourgeois. Sa maman est en taule. Le bourgeois est le juge. Lorsqu'il la découvre, il ne sait pas encore qu'elle va l'amener vers une partie de lui-même qu'il n'imaginait pas, ce matin-là, avoir à rejuger. Or, on parle assez peu des juges. Intéressant, donc, quoiqu'un peu chiant, tant sur la « descente aux enfers » de notre gentil couillon de magistrat, ses vicissitudes conjugales et le profond ennui de son existence, que sur le fait de suivre cette petite garce de manipulatrice se frayer une adolescence dans un monde pourri. On l'oubliera sans doute.

La délicatesse

Stéradian publié initialement le 10 juillet 2012

Malgré notre Audrey Tautou nationale, ce n'est pas un film de Genet. Comme ça on va pouvoir se concentrer sur ce qu’il est vraiment, délicat. François Damiens, par exemple. Il n'avait pas forcément habitué les fans de ses pitreries à la délicatesse, on se souvient surtout de l'archétype de beauf belge à la nuque épaisse (Dikkenek), et de son inimitable François L’embrouille. Mais qu'il avait un talent fou et une sacrée justesse de ton n'avait pas échappé, sauf aux tristes cons ou à ceux qui ne voient pas la beauté, de la vie. Ou qui n'ont ni internet, ni cinéma. Premier rôle, non pas à contre-emploi (Poelvoorde et Carré, Coluche et Soral...), mais où son personnage de farfelu peu avenant en fait la star, celle élue de la belle. Quel beau petit film, complètement improbable, sauf quand on rêve. Et qu'est-ce qu'on rêve... Bref, j'accroche bien, même si c'est pas super réel.

Je l'aimais

Stéradian publié initialement le 10 juillet 2012

Ce qui est bien, dans ce temps, l'imparfait, c'est qu'il porte une variété de sens presque infinie. N'est pas present perfect qui veut. Et la perfection n'étant pas de ce monde, on entrevoit l'intention de Breitman presque immédiatement, en somme, dès ce titre, annonciateur, moins de passé que de comparaisons. Ça tombe bien, M.-J. Croze et Auteuil se rencontrent à cause de questions de langues. Traduction, trahison ? L'imparfait passe pour décrire une action passée, dont on ne sait pas si elle se poursuit dans le présent. Et l'histoire que narre Auteuil à sa bru, Chloé, lorsqu'elle vient de se faire larguer par son fils, n'est que ce jeu, faire qu'au présent, même lorsque, parfois, elle s'arrête, la vie continue. Alors il narre, ce qui s'est tapi sous les années de silence et les convenances bourgeoises. Il fait don, de son ainesse, de sa propre expérience. Banal, en somme. Faire de celui qui pleure quelqu'un qui écoute. Pas une mince affaire. Sauf que l'amour, tout comme le bonheur, ça se nivelle. Et ça peut alors se comparer, un peu comme on compare des bites, juste un peu moins malsain. Attention, romance. Attention, Breitman, parce que ton Daniel Auteuil, on sait pas, si lui, on pourra le réveiller de sa nuit de confession, à ce jeu-là, celui où l'on se dit tout, celui où l'on peut perdre, le jeu, l'amour, le hasard, voire, quand c'est vraiment mal fait, la vie, son goût. Je préférais, quand elle s'appelait que « Zabou », ZBreitman, à propos des bonnes manières, qui cachent les vraies, celles qui existent, dessous. Les imparfaites. Sacré bon jeu, de la Loiret-Caille. Loin d'une Charlotte G.

Timecrimes

Stéradian publié initialement le 10 juillet 2012

(Los Conocrímenes)

Nacho Vigalondo / Flavio Labiano. 2007.

K. Elejalde / C. Fernandez / B. Goenaga / N. Vigalondo / J. Inciarte

Encore un qui a bien trippé sur les boucles temporelles (cf Timecode). Ici, rien de bien neuf, à part qu'on a l'air entouré de pyrénéeries cantabriques. Les boucles qui s'ajoutent indéfiniment, en cercles concentriques, reproduisent à l'infini la scène qui a démarré cette connerie de saut dans le passé, ici à peine une heure et quelque. À la troisième, on retombe à peu près sur des pattes, environ trois aussi d'ailleurs, tant ça paraît un poil bancal. En fait de crimes, c'est la machine elle-même qui les occasionne, à force de créer des doublons, forcément, ça fout un peu le bordel. Un peu de polar pour l'ambiance, un peu de déco sci-fi pour la crédibilité, mais tout ça n'est pas très poussé. Le trio homme-femmes, surtout, déconcerte. Du coup, un film pas très convaincant, bien que joliment tourné, surtout les scènes revues d'un autre angle, il y a là le travail d'un curieux de la question. C'est cette histoire-sans-fin, plutôt, bien qu'effectivement banale, mais qui n'arrive pas à marcher, un peu comme, depuis Verne, Welles, une telle machine. Et, si on veut de la parabole, contrairement à un simple script de cinéma.

Deux jours à tuer

Stéradian publié initialement le 10 juillet 2012

Jean Becker

A. Dupontel / P. Vaneck / MJ Croze

« Tu lui diras que j'étais fou, fou amoureux d'elle... et que j'aurais donné ma vie... pour un de ses avocats-crevettes... tu lui diras ». Couic. Dupontel, tel qu'en lui-même, définitif comme un amoureux. Quel mec. Comment éviter aux autres d'être tristes, de vous perdre ? Ben pourquoi pas en les envoyant tous-se-s se faire enculer, de votre vivant ? Ça a l'air de marcher. Et c'est le synopsis bien futé de ce petit film d'un ex grand cinéaste (L'Été meurtrier). Mais à part la joie de voir ce gros malin d'Albert tout défoncer comme le cynique qu'il a pu être dans ses délires scéniques, cynique qu'il n’était justement pas en Sachs, le médecin malade de Winckler, on regrette justement ici un peu de sens, à tout ça. On voit venir gros comme un camion que derrière toute cette méchanceté, une grosse douleur se tapit sous ces rides tendrement bourgeoises. Du coup, Les yeux tristes de MJ Croze suffiront-ils à nous consoler ? Pas sûr. Quelques scènes aussi improbables qu'amusantes, comme cet auto-stoppeur chômeur précaire d'une finesse de trait qu'on voudrait sortie du FigMag, crevard comme dans un sketch de Coluche, et qui repart non seulement nourri-conduit, mais gratifié de quelques milliers d'euros (« si, si, prenez-les, faut des forces pour faire des déménagements »)... Bref, des grosses pépites d'humanité « trop humaine », comme ça. Mais comme ce ne sera pas au nom de ses trahisons bassement humaines (cul, fric, suffisances petites-bourgeoises...), qu'on déchirerait donc ce tissu social, mais bien parce que, ben, on va mourir, on est un peu... partagé. Qu'on veuille laisser pas trop de douleur dans le souvenir, ok. L'idée est même tentante. Mais on regrette alors un peu ces coups portés sur toute cette suffisance, et sa médiocrité, dès lors qu'on se rappelle, que, contrairement au bonheur familial crozéen en BMW, la mort, elle attend un peu tout le monde, monsieur Albert. Enfin, comme c'est doucement surjoué, car ça doit être lassant, la méchanceté systématique, ben on le croit de moins en moins, notre papa en quête de l'idéal papa. Deux heures, du coup, pas complètement à chier, si vraiment on a du temps et des personnages à tuer... ailleurs que devant un autre film.

Frozen

Stéradian publié initialement le 10 juillet 2012

Adam Green

Sh. Ashmore / K. Zegers / E. Bell / R. Vanderbilt / E. Ackerman

Au départ, un teenage film à la con, avec du pop-punk californien, des snowboards, des minets et des bombasses. Puis on attend le pire, annoncé dès l'affiche, la panne de télésiège, et la tempête qui s'annonce. Oubliés, comme Jean-Claude Dusse, « quand te reverraiii-je ». Si, ils l'ont fait. Quelques péripéties, donc, pour nos trois coincés. 30m du sol. La poudreuse damée à mort. Et c'est parti, on improvise, faut réagir. Et à l'horrible, on s'y prépare, et, devinez quoi ? Il arrive. Oui, madame. Mais quelque chose devient clair. Au lieu d'une escalade de couilles en glacier, tempête, crevasse, etc., c'est bien juste dans ce télésiège, et juste autour, éventuellement, que le film se jouera. Ce huis-clos en extérieur, sans toutefois voler très haut (hihi), a le mérite de pas trop nous la jouer film cata à la con, version alpes USA. Étouffant, malgré le hors sol et le plein air. Alors comment meuble-t-on l'horreur par moins 20° C ? Ben on cause. La tentative est donc louable, et pas si évidente, devant la pente glissante d'occazes nazes d'engelures et de précipices, qui s'offrait au scénar. Ici, tout est contenu... dans le siège, et dans les persos, pas si puérils après tout, vu l'exercice. Suggéré, jusqu'à l'outrance, du dialogue minaudant, on s'aperçoit que l'horreur, c'est l'attente de l'horreur, et elle est bien au rendez-vous. Glacé, presque... frais. Un clin d'œil mièvre : les loups, des fois, sont pas chiens.

Comme les 5 doigts de la main

Stéradian publié initialement le 10 juillet 2012

(Dans le cul du crémier ?)

Alexandre Arcady

P. Bruel / P. Elbé / V. Elbaz / E. Caravaca / M. Delarive / Fr. Fabian / M. Aumont / Amidou / etc.

La nouvelle vague des Séfarades Paris-Marseille, 20 ans après Hanin et ses Grand Pardon. Les mêmes, plus à la mode (voire bouffis, pas vrai Bruel ?) et on r'commence. Voyons vouère… toujours loin du compte, des « vrais » communautaires, de Naples, Palerme, etc. Mais Rolex, Bmw, Cercle Wagram, et tout le toutim. Feujs contre Gitans, le bon Arabe (Berbère) qui les aide, armés par les Muslims, Union sacrée, quoi. Au fait, qui est le majeur, que le spectateur goy se prend dans l'œil du début à la fin ? Gagné, c'est Bruel, ce héros. D'ailleurs, AA aurait coécrit le Cœur des Hommes 3 qu'on y serait aussi bien, fine sociologie. Enfin. Ça c'est fait. Au cas où on n'avait pas compris y a 20 ans qu'Arcady est, bien que Juif, un idéologue crétin, y a Dr Snuggle et MC Jacqueline, qui le chantent.

Schwerkraft (« Pesanteur »)

Stéradian publié initialement le 10 juillet 2012

Maximilian Erlenwein

F. Hinrichs / J. Vogel / N. v. Waldstätten / J. Böwe / J. Willems / E. Weisgerber

Un jeune banquier, tordu et docile, découvre un jour que son boulot de merde tue. Il prend l'ampleur des dégâts en pleine tronche, sa vie rangée, ses rêves secrets, sa soumission à un système, rongés, comme lui, jusqu'à la moelle. Mais Dieu, ce scénariste diabolique, met J. Vogel sur son chemin. Il tente, alors, petit à petit, de se rebiffer. Et ça va saigner. Propre, sans accroc. Une justice ? Du psychobilly ! Encore une belle preuve que l'Allemagne des années 80 a accouché, et souvent mieux que ses voisines, d'un grand cinéma. Y a du Edukators, et du Fight club, mais du condensé, de leur substantifique... moelle. Chef-d’œuvre.

Black Swan

Stéradian publié initialement le 10 juillet 2012

Darren Aronofsky / Matthew Libatique / Mike Medavoy

N. Portman / V. Cassel

Du grand film, toujours, chez Darren. Portman, pour une fois, réussit à nous emporter, là où Closer nous gonflait gentiment. Mais Cassel, ce couillu (casse-couille, en abrégé) officiel, a, depuis le seul enfin grand bon rôle de contre-emploi de Sur mes lèvres, réussi un peu une canalisation, de sa sale gueule de connard. Il est le pire boss des boss, De Niro et Pacino peuvent se rhabiller. Ici, pour un monde tout fait de concentration symbolique de phallocratie, de poésie forte, violente et basique, il a toute sa place, et pour une fois, n'en abuse pas, ce qui le rend (presque) crédible (si on le connaissait pas d'avant). Ce lac des cygnes est une machine infernale, une Machine à broyer les petites filles, aurait dit le Benacquista, qui justement, lui donna la chance de se racheter dans Sur mes lèvres, le sus-nommé chef d'œuvre noir. Et du noir, ici, du cygne noir, on tarde à en voir le bout, et on comprend doucement pourquoi, d'Aronofsky en Aronofsky : la maman couve le vilain petit canard de ses frustrations castratrices, la pauvrette se mutile en même temps qu'elle s'émancipe, et lui jouera le rôle de libérateur, au prix du castrateur. Mouais, en somme, c'est la guerre entre les princesses et les putes, tout ça pour briller au firmament de la femme-cygne parfaite, la noire ET blanche. Un peu chacune, quoi. On attend la fin, impatients de voir enfin jouir un peu cette sotte, mais à quel prix... très moderne, derrière ses atours classicistes. Et quel dingue, le Darren...

The killer inside me

Stéradian publié initialement le 10 juillet 2012

Casey Affleck / J. Alba / K. Hudson / N. Beatty

Un sympathique petit tueur à la gueule d'ange administre de jolies fessées, qui dégénèrent jusqu'au piège. Le Midwest bouseux, un Landlord, et un shérif tueur de femmes. De charmantes mélopées country narrent leur vie quotidienne... aux rythmes macabres de meurtres à coups de poings. Je hais les gants en cuir. Casey A. est bon, meilleur que son frère, bien plus inquiétant, si propre. Ellroy, help !

Mères et filles

Stéradian publié initialement le 10 juillet 2012

Julie Lopes-Curval

M. Hands / C. Deneuve / M.-J. Croze / M. Duchaussoy

Quelques anachronismes picturaux, en tons pastel, forcément. La difficulté n'est pas la bourgeoisie. La difficulté est la transmission, ce progrès social intergénérationnel, et pour une femme de choisir son camp. Deneuve demeure. Hands est parfaite. Croze plus, que parfaite... Les hommes sont accessoires. L'icône de la mère de la mère, sorte d'Œdipe au carré, est trouble, malgré le propos. Poupée bourgeoise, elle arme le futur, sa fille. Et choisit le sien. Seule, forcément. À se flinguer. La gagnante, n'est ni l'avortement, mais pas non plus la stérilité. Triste, et dur. Comme la guerre, qui est à présent ouverte. Habiletés narratives, et faiblesses du dialogue. Lumineux, et nuageux. Mais lumineux, fluide film de femme. Vive les femmes ? À bas les hommes.

Vicky Cristina Barcelona

Stéradian publié initialement le 10 juillet 2012

Woody Allen

J. Bardem / P. Cruz / R. Hall / Sc. Johansson

Alors. Un artiste, espagnol, « naturellement » ténébreux, exactement à l'image du récent logo, avec ce taureau noir sur fond rouge ou jaune, qui a remplacé l’« identité » ibère chez les cons, depuis les zigzags d'un Miró des 90's. Plus deux copines, plus une ex. Égal : toutes le veulent. « Naturellement ». Profils sociologiques super aigus : une brune « rangée », east coast, une blonde « bohème », west coast, et une vraie barge, ténébreuse « ibère » también. Wow. Le quatuor préféré d'Allen : un mec, trois bombes... (Tiens ! On dirait du Berlusconi). Enfin, déjà, qu'il ne joue plus lui-même le « héros », c'est déjà un peu moins incroyable. Mais merde : Maria-elena... pouvait pas choisir un autre nom, ce connard ? Belle fable, en somme, pour des fillettes nostalgiques d'un monde de chez Disney, de princesses à quatre doigts emportées au galop d'un cheval noir : la liberté des femmes ressemble à ce point-là au désir de céder aux hommes « irrésistibles » ? Non je suis pas « jaloux » : je voudrais un film d'Allen où Johansson s'incrusterait à une tablée où Depp, Kinnear, De Niro et Sean Penn deviseraient du moyen de vivre pleinement l'amour, et les inviterait à la suivre, dans son avion où elle pilote, sur son île d'artiste, avec sa maman artiste, son ex à elle, Bardem, par exemple, pour aller bien manger, bien boire, et se les envoyer l'un après l'autre voire tous à la fois. Et encore... Mais est-ce que ça plairait autant « aux » femmes, un film où « elles » n'auront, chez Woody, plus à se battre « pour » Lui (i.e. Le mâle, le seul) ? Hélas, j'ai des éléments réponses pas très optimistes...

Bonne 'zique : Barcelona Giulia & Los Tellarini.

Revolver

Stéradian publié initialement le 10 juillet 2012

(U.S.) J. Statham / R. Liotta / - Crime.

Un type va devoir affronter plein de bandits très dangereux pour sauver la fille de son frère, et même sa propre peau. Parviendra-t-il à nous maintenir en haleine une seconde ? Qui en douterait ? On regrette bien Snatch.

Un jour, il deviendrait bon de suggérer une romance ou un drame à J. Statham. L'homme au regard de biceps a maintenant 1000 rôles de bourrin à son actif. Mais dans 999 merdes. Dommage. Nul.

Was tun, wenn's brennt ?

Stéradian publié initialement le 10 juillet 2012

(BRD) T. Schweiger / - Crime.

Punks et squatters, à Berlin, années 80. Une bombe militante posée n'explose pas... avant quinze ans. Plus tard, la vie a changé, les gens aussi. Mais le passé va les re-convoquer, prêts à assumer.

Amusant dispositif narratif, pour une comédie assez peu politique, vu le thème, « 68tard ». Trop d'héroïsme, pour des squatters, on est ici carrément chez Disney. Reste une agréable romance.

Barney's version

Stéradian publié initialement le 10 juillet 2012

The title is the very first and last one in here, who can tell... the truth. Very far away from 4 weddings and a funeral, Barney's version is a very good film. It's Richler's book, the story that's told here, that is terribly sad. How the f... can you stop or avoid the « worse », while you see it (him, her...) arrive ? One way reading or watching that story seems to be in a fatalistic point of view, or even like the man as-his-worst-enemy. In a world of faith, it can be a fatalistic film. In a world made by choices and rationality, you earn only what you seeded, which ends not differently. This can not be a fatalistic, nor patriarcalistic view, even if... we expect a film where wives testify about same tragedy.

So old Barney passes his life in review, not even thinking he could have changed things, at this or that time. And in fact, till the end, we are sad with him, to testify he's right. His memories aren't a trial where he accuses himself, but where he looks back on how it began. And it began... at the beginning (Trastevere, 1974). He's lost his wife (the 3rd and « right one », the beloved Miriam), and health, because of choices he didn't make alone. Choices like a lifetime love, that can end, « because it's life » : But life also, sometimes, lies.

Paul Giamatti is indeed a very good alcoholic an ironical character player, after he settled that intelligent wine amateur kind of desperate husband in Sideways. As Barney, whether a hopeless bastard or a passionated lover, he makes us often shake head, but with the smile of kind of a partner. He also has the fortune to enjoy the good old D Hoffman as a very clever and funny wise father. At least. Could this immoral very ethical old man be a « model » ?

The wives are each very different, and we soon understand why : you can't build serious things always on mistakes or lies, because while aging, you have to prepare death, and that peace of heart that doesn't make you expecting it with the fear of eternal loneliness, as it sometimes seems, while you're alive. The two first weddings and brides are quite economical unions (even if they're cute). The third seems like what everyone can say in one word : love (at least in... his « version »). But the kind of a message, here, not allows to build too many things, on that word : even love is part of human lives, so even love lies, dies.

« You don't make good stories with good feelings ». Here, it's very exactly depicted. And so it is, also, directed and played.

Les Neuf Reines

Stéradian publié initialement le 10 juillet 2012

(Quelle splendeur)

Indétrônable polar sur une société faite d'arnaques. Argentine sans argent, cadrages micrométrés, et deux acteurs plus faux culs qu'un joueur de bonneteau. Du bon polar, du calmement précis. Grand.

Eat the Rich

Stéradian publié initialement le 10 juillet 2012

Avec Lemmy, de Motörhead.

C'est anglais, donc gluant, comme un jelly framboise. Ça gicle pas trop, mais c'est divertissant. Ça bouffe pas tant d'humains, mais ça voit venir la révolution. Seul souci : le presque héros, c'est un gros facho. Bref, tarte à la crème d'auteur ou navet gauchiste, ça n'émeut que peu, nonobstant la zique d'un grand du Metal.

Effi Briest

Stéradian publié initialement le 10 juillet 2012

(BRD). 2009. Hermine Huntgeburth. J. Jentsch / S. Koch / ... - Drame (Adapt. Roman).

Une jeune prussienne promise à un mari trop vieux, qu'elle n'aime pas, va sentir les angoisses grandir de « vivre femme », dans les conventions aristos, jusqu'à la fin. Trouvera-t-elle la liberté ?

Belle adaptation, même par trop enjolivée (happy end), du roman du plus réaliste Allemand fin XIX, mais bien convenu, pour un truc contre les conventions. On est loin des Liaisons, plus dangereuses.

The hit

Stéradian publié initialement le 10 juillet 2012

(US). 1984. Stefen Frears. J. Hurt / T. Roth / L. del Sol / T. Stamp... - Crime.

Un type balance ses complices et se planque après leur emprisonnement. Mais ils vont le retrouver.

Étrange, mais ambiance rigolote, Stamp et Roth déjà très bons. Hurt apparaît en contraste. Espagne propice à ces suspenses limite sergioleoniens. Flegme british VS Roth la racaille : bingo.

Pour elle

Stéradian publié initialement le 10 juillet 2012

(Fr.) ... V. Lindon / D. Kruger / - Crime.

Un couple ordinaire, un matin, la police embarque une femme pourtant apparemment sans histoire. Emprisonnée, son mari ne la croit pas capable de meurtre. Il va se résoudre à tout faire... pour elle.

Rigolote vision, assez peu crédible, d'un V. Lindon, .45 en main, fonçant délivrer sa belle. « M. Tout le monde », lui, se pisserait dessus. Mais D. Kruger n'est pas Mme TLM. Carcéral, ET palpitant.

Les neiges du Kilimandjaro

Stéradian publié initialement le 10 juillet 2012

Guédiguian

Darroussin Meylan Ascaride etc.

Une bonne chose de faite. Quand les communistes deviennent des bourgeois comme tout le monde, qu'est-ce qui reste ? Un délégué syndical voit une négociation aboutir et emporter avec elle 20 dockers marseillais d'un coup de tirage au sort. Le délégué s'est tiré aussi, ironie du sort, loyauté de classe. Il est heureux, en somme, fête ses 30 ans de mariage au bord du capitalisme finissant. Mais sur ses abords, d'autres, laissés pour compte d'une autre époque, plus récente, ne l'entendent pas de cette oreille, et ne vont pas se laisser faire. Dog eat dog. Quand les pauvres braquent les pauvres, qu'est-il arrivé ? Guédiguian, notre premier secrétaire de l'Estaque n'est pas dupe. Aussi, la question semble un peu vite résolue, via quelques scènes de tonnes d'amour chantilly au point qu'on se croirait vraiment en terres communistes loachiennes : l'amour, conjugal, maternel, durable, fort comme chez les catholiques, beau comme chez les bourgeois, comme réponse, à ceux qui n'ont que ça à se mettre sous la dent ? Avec la prison et la police, car faut pas déconner ? Un peu trop brelien, et par là, pas très bolchevik. Content que celui qui me l'ait donné à voir soit un bourgeois communiste. Comme ça il sait.

La part des anges

Stéradian publié initialement le 10 juillet 2012

Ken Loach/Paul Laverty

Glasgow, il aime bien, Loach. Ça lui évite la City de Londres, là où, peut-être, les prolos sont au pied du mur. À Glasgow, ils y règnent, plus entre eux, à se tirer dans les pattes. Ici, on démarre au tribunal, ou larcins et fraudes le disputent au tout venant de la misère. TIG pour tout le monde. Coup de chance, l'éducateur, patient empathiste et amateur de très bon whisky, ne sera pas franchement un facho, ni notre jeune premier délinquant, tout récent papa en bisbille avec son mafieux de beau-père, pas vraiment non plus une racaille. Le droit chemin se retrouvera donc très facilement, au milieu de verres de whisky, car c'est pour ça, cette fois, on aura fini par le pister, qu'on est en écosse : ses Highlands, ses chais, ses fûts, ses ambres maltées et ses tarés de la collectionnite de qualité. Ici encore (cf. Guédiguian), on va confronter l'ancien monde, celui qui fut encore de gauche, et le nouveau, ce moyen-âge en kilt, mais qui n'a plus le luxe de se taper ces scrupules. Quoique ? Assez fine comédie en forme de fable, absolument immorale... un peu comme braquer une banque, qui le serait toujours moins, immoral que d'en fonder une (Brecht). Red is not dead. À voir dans un Multiplex, si on a de l'humour noir (« Bouygues vous offre votre fête du cinéma »).