L’ENL et son site « Lille 43000 » en quelques notes

« Et maintenant quand je regarde le gros carnet rouge que j’ai trimballé dans tout ce cirque, je vois plus ou moins ce qui a dû se passer. La couverture est à moitié lacérée ; certaines pages sont déchirées, d’autres ratatinées et tachées par ce qui semble être du bourbon, mais dans l’ensemble, avec l’aide de quelques éclairs sporadiques de ma mémoire, les notes racontent bien, semble-t-il, ce qui s’est passé. Voilà : »

(HST, « Le Derby du Kentucky est décadent et dépravé », 1970)

 

L'École Néogonzo de Lille (ENL) a été fondée en 2007 par des adeptes du journalisme gonzo pratiqué dans les années 1970 par Hunter S. Thompson. Leur idée était de former de véritables professionnels de l’information capables de faire face à toutes sortes de situations de crise, comme les guerres, les beuveries, les blocages d’universités ou les séances de torture à la BFM TV. En d’autres termes, des journalistes de l’extrême prêts à s’impliquer totalement, quitte à se confondre avec leur sujet, voire à devenir le sujet, et préférant de loin intervenir plutôt que mentir. « La fiction, écrivait judicieusement Thompson, est une passerelle vers la vérité, que le journalisme ne peut pas atteindre. Les faits sont des mensonges lorsqu'on se contente de les ajouter les uns aux autres. »

Le site Lille43000.com est la vitrine de l’ENL. Il permet aux élèves de publier leurs travaux, de la brève au reportage sauvage, et à la direction de communiquer les actualités de la vie interne de l’école, ô combien riche en rebondissements. En effet, son histoire a toujours été mouvementée et, au fil du temps, Lille43000.com est devenu un véritable repaire de « journalistes vagabonds », déjà décrits par Thompson en ces termes : « Dans le meilleur des cas, [ils] étaient imprévisibles. Dans le pire, il s’agissait d’ivrognes dépenaillés auxquels on ne pouvait accorder la moindre confiance. Malgré cela, ils se débrouillaient pour éditer un journal. »

Dans ces conditions, rares sont les élèves de l’école qui sont parvenus à décrocher le diplôme de journalisme ès gonzo, et rares sont ceux qui y parviendront un jour. Malgré cela, ils se débrouillent pour éditer un site. Et faire du journalisme une expérience vécue à fond la caisse, avec les moyens du bord, toujours le couteau entre les dents. Les curieuses et curieux qui veulent en savoir plus n’ont qu’à en faire eux-mêmes l’expérience. •

 

« C’était vraiment bon, et je le recommande vivement – au moins pour ceux qui peuvent supporter le trip. Quant à ceux qui ne supportent pas, ou que ça ne tente pas, il n’y a pas grand-chose à ajouter. Pas maintenant, et certainement pas par moi, ni par Raoul Duke. Las Vegas Parano sonne le glas d’une époque… et aujourd’hui, par cette fantastique matinée d’automne dans les Rocheuses, je n’ai plus envie que d’abandonner cette bruyante machine noire et de m’asseoir nu sous la véranda, au soleil. »

(HST, Notes pour la jaquette de « Las Vegas Parano », 1971)