Reportages

La mort et la poussière

Mad et Mar ne savent pas vivre l'une sans l'autre, mais se voient peu. Leur gémellité prend forme dans un cahier qui vous sera livré ici, au fur et à mesure. Un dialogue entre Mar, éducatrice de rue, qui traîne ses baskets à l'ombre des barres de béton, écrasée de soleil. Et Mad, noctambule taciturne, qui passe ses nuits à la lumière des lunes, à observer la faune nocturne, en espérant un matin, peut-être, vraiment rencontrer quelqu'un.

En plein tombeau méditerranéen

« Je me souviens qu’il y a des temps heureux où la mer Méditerranée se traverse de part en part, et d’autres, plus sombres, où elle se transforme en tombeau. » Ce n'est ni Braudel ni Homère qui l'écrivent, mais l’historien Patrick Boucheron. La mer Méditerranée, ce cauchemar pour les personnes de l'exil, pour toutes ces âmes qui ont outrepassé une frontière, dans les flaques de pétrole, de Lesbos à la Libye. Ici et là, des secours maritimes. Des gens de l'urgence. Dont les bateaux rapides croisent trop souvent en enfer.

De la gaudriole

Mad et Mar ne savent pas vivre l'une sans l'autre, mais se voient peu. Leur gémellité prend forme dans un cahier qui vous sera livré ici, au fur et à mesure. Un dialogue entre Mar, éducatrice de rue, qui traîne ses baskets à l'ombre des barres de béton, écrasée de soleil. Et Mad, noctambule taciturne, qui passe ses nuits à la lumière des lunes, à observer la faune nocturne, en espérant un matin, peut-être, vraiment rencontrer quelqu'un.

Chroniques sétoises (1/4) : Violentes trombes sur l’Île singulière

« Nous étions quatre bacheliers sans vergogne, la vrai’ crème des écoliers. » C’était en 2014. Le navire 43000 échouait sur la plage de Sète, l’« Île singulière », au beau milieu de l’été. Abandonnés à eux-mêmes, quatre de ses moussaillons y tentèrent le tout pour le tout. Hélas, ce qui aurait dû être une délicieuse partie de plaisir journalistique a fini en hécatombe. Les pauvres, ils voulaient juste trouver Brassens… et il leur a fallu deux années pour s’en remettre. Voici leurs aventures, en quatre chroniques.

« Mes frères sont en prison parce que nous cherchons justice et vérité pour Adama »

Samedi 26 novembre, je me suis rendu au local de la Confédération Nationale du Travail à Lille. La famille d'Adama Traoré, mort dans une gendarmerie le 19 juillet 2016, est présente. Tout comme celle de Lahoucine Aït Oumghar, 26 ans, abattu devant chez lui par la police en 2013. Le local syndical est comble pour entendre Assa Traoré, la sœur d'Adama. Derrière elle, invisible, un long cortège de victimes appuie son appel à ne pas se taire.

Concours de force publique

3 octobre. Il commence à faire froid. Chez les D., le p’tit dernier, le seul homme du foyer, a les yeux rivés sur le calendrier. La vie ne fait pas de cadeau quand une famille doit 5000 euros à un bailleur, autoproclamé social, qui a soigneusement collectionné toutes les décisions de justice nécessaires à sa petite sucrerie du mois d’octobre : une expulsion juste avant le début de la trêve hivernale.

Des parents

Mad et Mar ne savent pas vivre l'une sans l'autre, mais se voient peu. Leur gémellité prend forme dans un cahier qui vous sera livré ici, au fur et à mesure. Un dialogue entre Mar, éducatrice de rue, qui traîne ses baskets à l'ombre des barres de béton, écrasée de soleil. Et Mad, noctambule taciturne, qui passe ses nuits à la lumière des lunes, à observer la faune nocturne, en espérant un matin, peut-être, vraiment rencontrer quelqu'un.

Calais : les vivants et les murs

Se mobiliser reste la démonstration de sociétés sachant encore s'émouvoir, s'organiser et dénoncer. Encore heureux, en cette fin d'année 2014, l'indignation n'est pas passée de mode et de nombreuses personnes, aux quatre coins de l'Europe, continuent de faire passer l'information. Ces passeurs d'informations, je les ai rencontrés tout au long d'une semaine qui m'a trimbalé de Lille à Calais, et par procuration du Maroc à la Grèce. L’appel à manifester contre le « mur de la honte » à Calais met en lumière ce phénomène qui, depuis les Romains et leur limes, accompagne les sociétés européennes dans leur rapport à l’étranger : séparer, circonscrire, délimiter leurs territoires. Que ce soit à Berlin, Jérusalem ou à la frontière mexicaine, les murs qui séparent ont le sale goût d'une haleine européenne.

HLM à Euralille : le « vent de renouveau » a un goût de vieille rengaine

« Salut Letartier ! » Pour une fois, ce n'est pas le directeur de la rédaction qui fait office de réveil à cette heure si matinale. Non, il s'agit d'un vieux pote à qui j'avais promis de donner un coup de main pour son déménagement dans un des nouveaux HLM tout beaux tout propres de la société SIA Habitat...

Si la bière ne vient pas à moi, j'irai à la bière !

C'était en septembre 2013. Jack de L'Error et moi, Bruegel de Bois, avions décidé de faire un reportage sauvage au Festival International de la Bière Artisanale de Sainte-Marie Cappel. Réunis la veille autour d'un cubi de muscadet et de quelques bières, nous avions alors sombré lamentablement dans la nuit lilloise, usant nos godasses jusque dans une boîte très prisée des alcooliques noctambules, le Golden Wave... Le lendemain n'en fut que plus hardcore et notre reportage se solda par le pire échec qui soit : nous étions incapables d'avaler une nouvelle goutte de bière. Coquin de sort ! Nous aurions pu en finir sur cette défaite, avaler ce qui nous restait de fierté journalistique et trouver un autre sujet. Pourtant, foie de Bruegel, je me jurai de revenir un an plus tard sur les lieux du crime, et d'en finir avec ce reportage. C'est comme cela que j'ai brassé à vue entre « Amis de la Bière », « féminisme d'accroche » et brasseurs amateurs en quête de victoire.

Îlot Pépinière : en l’honneur des victimes des politiques urbaines

« Vous êtes sérieux ?! » Telle a été la réaction du gros bourgeois assis à côté de moi, sur une terrasse de la rue du Faubourg de Roubaix, quand je lui ai raconté ce qui allait débarquer dans son quartier aujourd’hui. Parisien, il avait « acheté » récemment dans le coin. « On ne peut plus sérieux. Je suis journaliste, je prends mes infos directement au commissariat, vous me suivez ? » C’était un dimanche matin, le ciel était bas, l’air humide, j’avais à peine dormi, je sentais le Gin Tonic à plein nez – si tant est que ce cocktail ait une odeur – et, va savoir pourquoi, j’avais envie d’entrer dans ce reportage façon Derby du Kentucky.