Bal tragique à Lille : un policier égratigné, 53 interpellations

La soirée du vendredi 14 janvier organisée au Centre Culturel Libertaire (CCL) en soutien au journal La Brique a rassemblé beaucoup de monde. Des habitués, des militants, mais aussi et surtout de nombreuses personnes étrangères à ce milieu, uniquement présentes pour le concert Hip Hop. A la fin de la soirée, la police a littéralement pris d’assaut les lieux et interpellé brutalement les 53 personnes qui s’y trouvaient encore. Pour plusieurs raisons, nous ne reviendrons que sur les agissements des policiers, depuis le moment où ils nous enfermaient dans le CCL comme des rats jusqu’à notre libération du commissariat. Voici ce que nous avons vu de nos propres yeux et entendu de nos propres oreilles, tant de la part de nos compagnons de cellule que des « fonctionnaires de l'Etat », véritable police idéologique et punitive.


• Entre 3 et 4 heures du matin, la police intervient aux portes du CCL. Avant qu’elles ne soient fermées et barricadées par nos soins, un policier réussit à décharger une grosse dose de lacrymogène poivrée à l’intérieur. Les yeux rougissent, larmoient, les poumons s’irritent, l’air s’opacifie, mais il est encore possible de tenir. Certaines personnes ouvrent la seule salle fermée jusqu’à présent pour s’y réfugier et respirer. Mais cela ne dure pas, car les policiers brisent sa vitre donnant sur la rue et gazent massivement, dans le but d’étouffer ses occupants. La situation est intenable, et l’on se décide à sortir.

L’ouverture des portes permet aux agents de gazer davantage ce véritable piège qu’est devenu le CCL. Certaines personnes le sont au visage, comme celle qui tente d’expliquer à la police qu’« on va sortir ». Une fois dehors, nous sommes reçus à coups de matraques, bousculés, molestés, jetés au sol. Et, progressivement, nous nous retrouvons à terre, soit sur les trottoirs, soit sur la chaussée. Un mot de trop, un geste – comme lever la tête pour observer la scène –, et les policiers insultent – les hommes en particulier sont traités de « pédale », « tarlouze » – ou frappent – coups de pieds dans les bras, les côtes. Certains sont matraqués à la tête. Un homme a l'œil gonflé de sang. Est-ce un hasard s’il est basané ? Au moins deux personnes sont complètement aveuglées par le gaz. Une autre, asthmatique, s’asphyxie. Un type se retrouve à terre, la tête écrasée par le genou d’un jeune policier très excité, celui-là même qui le menotte brutalement en criant, mot pour mot, à ses collègues : « J’l’ai eu, c’est bon, j’me suis vengé ! »

 

Plusieurs camions arrivent. Cela a manifestement tout l'air d'une rafle, avec son lot de personnes impuissantes, apeurées, paniquées et dans une complète incompréhension. Nous sommes menottés dans le dos à l’aide de « serre flex » et conduits par groupes au commissariat. Dans un des camions, un policier déclare à des « raflés » qu’ils sont interpellés parce que, ce soir, ils n’étaient « pas sortis au bon endroit ». D’autres apprennent de la police qu’ils ne sont que de « sales gauchistes ».

 

Arrivée au commico

Au commissariat, les hommes sont parqués dans une seule cellule, les femmes dans une salle, toujours entravé-es. Nous sommes bientôt 53, et étouffons entre ces murs. Certains ont leurs liens trop serrés, dans le dos, et expriment leur douleur aux policiers. Ces derniers rigolent et insultent à nouveau. Comme dans la salle où sont enfermées les femmes, la colère monte dans la cellule des hommes. Quelques uns s’énervent, l’on crie, l’on tape dans la porte, ce qui vaut, pour l’un d’entre eux, d’être sorti de la cellule et tabassé au sol. Il ne se débat pas, tenu qu’il est par le « serre flex », et encaisse les coups.

L’un après l’autre, nous passons un test d’alcoolémie. Les hommes sont déplacés, toujours les mains dans le dos, dans une autre cellule, un peu plus grande. Les femmes sont les premières à être fouillées, mises à nu une par une, puis déplacées dans les geôles de garde à vue. De là où les hommes sont parqués à présent, on peut observer les derniers interpellés arrivant au commissariat. Parmi eux, une jeune femme perd connaissance, juste devant la cellule. Elle s’écroule sans provoquer la moindre réaction des policiers. Ceux-ci la laissent au sol, inconsciente, durant au moins quinze minutes. Derrière les vitres de la cellule, les hommes protestent, en criant, tapant dans la porte. Ce qui amuse visiblement les agents, qui rigolent entre eux, droits dans leurs bottes autour de la gisante. Elle sera par la suite traînée sur le sol…

Un type est très mal en point, il ne voit plus rien. On demande un médecin mais les policiers se marrent et attendent un long moment pour le faire examiner. Certains souhaitent que leurs liens dans le dos soient desserrés : ils en sortent un pour… les lui resserrer. L’énervement se fait de plus en plus sentir. Aucune notification, aucune information n’est donnée. Certes, certaines personnes ont trop d’alcool dans le sang, mais celles dont le taux est nul devront quand même patienter plusieurs heures – environ de 4h30 à 8h30 pour les premières – avant de savoir ce qu’elles font ici et connaître leurs droits. Un flic au crâne rasé perd son sang froid, ouvre la cellule des hommes et en frappe un durement au ventre. Il referme la porte. Quelques minutes après, il réitère dans la salle des femmes en infligeant plusieurs coups dans le tas, à l’aveugle. Ses collègues lui demandent manifestement d’aller voir ailleurs, car il vient de commettre, devant tout le monde, une bavure en bonne et due forme. Un autre policier explique aux hommes qu’ils ont « de la chance de pas être en Tunisie », car « là-bas, on aurait eu des armes ». Et à ceux qui lui demandent si c’est ce qu’il veut, utiliser son arme, il répond très sereinement « oui ». Pour justifier leurs agissements, les agents n’ont qu’un mot à la bouche : une « trentaine » de personnes parmi nous ont tabassé un des leurs qui est actuellement dans le coma… Nous apprendrons plus tard la vérité : ce n’est qu’un grossier mensonge.

Pour les hommes, les mains dans le dos, l’attente dans cette cellule trop petite est très longue. C’est un peu avant 8 heures que le premier d’entre eux est fouillé, libéré du « serre flex », présenté au médecin puis placé en geôle de garde à vue. Les derniers y seront déplacés en milieu de matinée. Pendant une fouille, des policiers menacent et traitent plusieurs fois un interpellé dénudé de « connard ». Lors d’une autre, ils arrachent sans ménagement l’écarteur d’oreille d’un homme, qui arrive dans sa cellule avec un lobe ensanglanté. On lui donne quelques feuilles de papier toilette. Seize femmes sont placées dans une cellule immonde qui ne peut, humainement, même pas en contenir dix. Dans une autre, plus grande, où quinze hommes sont enfermés, le sol, à plusieurs endroits, est recouvert d’urine, l’air empuanti. Heureusement que le médecin du commissariat conseille à plusieurs d’entre nous d’arrêter de fumer, car c’est mauvais pour la santé…

 

Dans l’attente d’une libération

Nous sommes dans les sous-sols de la forteresse policière lilloise construite il y a trois ans aux portes de Lille Sud. Durant les révoltes de 2005, c’est dans ce quartier que les voitures avaient brûlé. La mesure de cette opération explique peut-être pour la première fois de façon concrète la démesure de l’architecture du bâtiment. Car dans l’ancien commissariat, il aurait été difficile de placer autant de monde en garde à vue simultanément… S’agissait-il d’« anticiper» les éventuelles révoltes des quartiers pauvres de Lille ?

Tout est vitré, les lumières sont blafardes, les murs de béton, froids et épais, les moindres bruits se propagent en échos qui, à la longue, deviennent insupportables. Il ne se passe d’ailleurs pas dix minutes sans qu’un prisonnier cogne les vitres, ou crie, qu’une porte soit ouverte puis fermée par trois verrous. Il fait chaud mais la fatigue refroidit le corps. Ici, on perd vite la notion de l’espace et du temps. Beaucoup craignent une prolongation de vingt-quatre heures, le cauchemar s’éternise.

Entre le milieu de matinée et 20 heures, c’est une longue attente où il faut crier, frapper dans les fenêtres et les portes des cellules pour ne serait-ce qu'avoir accès aux toilettes. En guise de repas, vers 10h30, un des policiers dépose une brique de jus de pomme et deux biscuits secs. Quand on leur demandera plus tard à manger, ce qui est un droit des plus élémentaires, ceux-ci hausseront les épaules et diront que les réserves de repas sont vides.

Les femmes, toujours à seize dans leur cellule exiguë, doivent subir les regards pervers et rigolards des policiers. On ne leur donne pas de biscuits avant plusieurs heures. Et quand elles demandent, à maintes reprises, de pouvoir accéder aux toilettes, on les ignore. Elles réclament alors du papier toilette, et un jeune agent tout juste pubère répond, en cherchant du regard la complicité de son collègue : « Vous avez un petit problème, c'est ça ? C'est pas de chance. » Il continue de rigoler, tourne le dos. Vers 14 heures, les femmes se mettent à crier : elles ont chaud, suffoquent, l'une d'entre elles fait un malaise. Il faudra attendre cinq bonnes minutes avant qu'un des geôliers présents daigne jeter un œil, puis encore cinq longues minutes avant qu'une partie d'entre elles ne soit placée dans une autre cellule.

Au moment de la notification de garde à vue, une policière demande à un interpellé s'il veut voir un médecin. L'homme hésite, ce qui la pousse à argumenter : « Dans tous les cas, si vous voulez sortir vite d'ici, il vaut mieux ne pas faire traîner ces histoires... » Message passé. Les notifications tardent à venir pour certains interpellés, les dernières d’entre elles arriveront aux alentours de 16 heures, avec pour heure officielle du début de la garde à vue 4h30… D’ailleurs certaines personnes refusent de les signer, choquées d’apprendre à leur lecture qu’elles sont gardées à vue pour « violence collective à agents des forces de police ». Environ la moitié des 53 interpellés demandent à consulter une avocate commise d’office. Rares sont ceux qui la verront avant leur interrogatoire.

Viennent les auditions, très lentement. Au cours de l’une d’elles, un officier de la police judiciaire (OPJ) demande à un interpellé s'il connaît un certain « cochon ». Réponse négative, qui déçoit l'OPJ : pour le reste de l'interrogatoire, faisant preuve d’un humour très fin, il ne cessera de l'appeler « Monsieur Cochon ». Durant cette même audition, un autre policier entre dans la salle, regarde l’homme interrogé, et lui dit en posant son front juste au-dessus de lui : « Vous aussi, vous ne savez rien et vous n'avez rien vu ! Il n'empêche qu'on a un collègue sur le carreau et qu'on sera sans pitié ». Mais quand il le raccompagne dans sa cellule, l'OPJ, d'humeur plus bavarde, dit au gardé à vue que le collègue en question est sorti de l'hôpital, qu'en fait il n'a pas grand chose et que cette histoire fait beaucoup de bruit pour rien…

Vers 16 heures, les premiers signes de libération possible apparaissent : les policiers s'agitent pour aller au plus pressé. Des renforts viennent de tous les services de la métropole lilloise, on y rencontre par exemple des officiers de la brigade des mineurs. Les auditions s'enchaînent de plus en plus vite. Durant l’une d’elles, un OPJ souffle à un interpellé qu’il en veut au procureur d'avoir ordonné le placement en garde à vue de tout le monde, il ne comprend pas tout ce raffut, il est d'astreinte, il « faut faire vite ». Dans sa déposition, l'interpellé lui signifie que l'assaut du CCL s'est opéré dans un climat de violence gratuite. Il relit la première version, mais aucune mention de la violence. Il exige alors la correction et l'OPJ réimprime le papier. Globalement, les auditions sont bâclées, certaines ne sont pas signées ce qui dérange nécessairement les officiers. Cela ressemble tellement à une mascarade qu’ils omettront même d’auditionner un type qui, après avoir consulté l’avocate commise d’office, était pourtant prêt à être écouté. Mascarade ? Pas vraiment, si l’on en croit les dires d’un officier qui se confie à une personne en audition : le commissaire aurait voulu marquer le coup, parce que le CCL constitue un milieu d’extrême gauche.

Les premières empreintes sont prises vers 18h30. Un gardé à vue constate qu’un agent s'amuse tout en rire gras avec son collègue, à battre le record de fichage en une journée : ils en sont à 33 et approchent apparemment du chiffre record, ce qui a l'air de les exciter. Une personne demande pourquoi elle est fichée… « parce que c'est la loi », qu’elle est interpellée et que même sans être inculpée ou déférée, elle sera fichée. Le policier ajoute, sourire aux lèvres, que ce fichage sera effectif « pendant vingt-cinq ans ». Il aura au moins retenu ça de ses cours à l’école de police… Mais ils n'auront pas l'occasion de battre le record, les derniers interpellés ne seront pas fichés. Faute de temps ? Service terminé ?

Quand nous sortons vers 20 heures, l'air libre a un goût particulièrement bon. Quelques soutiens sont devant le commissariat. On se restaure un peu, prend des nouvelles. Il reste encore du monde dans le central – trois personnes. Un compagnon de cellule a été reconnu par le flic soi-disant blessé comme celui qui l'aurait « alpagué par le col ». Il risque cher, mais il aura pour lui le témoignage et le soutien de cinquante personnes qui ont vu en face la réalité de la violence policière. Inique, gratuite et sans discernement. Si ce n'est pour harceler ses ennemis, et leurs amis. •

NB : nous ne rapportons évidemment pas tout ce qu’ont pu vivre les 53 interpellés, car nous ignorons encore beaucoup de choses. Signalons que les exactions dont nous témoignons ici ne concernent pas tous les policiers rencontrés pendant ce cauchemar. Il nous semble toutefois qu’une majorité d’entre eux a agi de la sorte. Pour les autres, nous parlerons de passivité, l’effroyable passivité qui a déjà fait tant de mal par le passé.

Commentaires   

 
#1 akram 15-05-2013 10:37
18-01-2011 02:28
merci. on a hâte de lire la suite.. "Pas de paix sans que Babylone paie, est-ce que tu le sais ? .."
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#2 l43000 15-05-2013 10:38
18-01-2011 18:23
http://labrique.net/numeros/numero-25-janv-fev-2011/article/communique-de-la-brique-a-propos

Communiqué de La Brique à propos de la soirée du 14 janvier au CCL

Vendredi 14 janvier, au cours de la soirée de La Brique qui se déroulait au Centre Culturel Libertaire (CCL), une altercation a servi de prétexte à un exercice de harcèlement grandeur-nature : 53 personnes arrêtées, plus de 15h de garde à vue, jamais on n?a autant « embarqué » d?un coup. Rétablissons la vérité face aux versions policière, journaliste et fasciste qui circulent à propos de cette soirée.

On organise une fête hip-hop. Le début de soirée se passe bien. Les DJ et les rappeurs assurent, l?ambiance est bonne. Au delà des habitué-es du lieu, plein de personnes viennent pour la première fois.

À l?extérieur, une banale embrouille comme on en voit tous les week-ends dans n?importe quel bar ou discothèque débouche sur l?arrivée de deux flics qui, comme à leur habitude, font dégénérer la situation en voulant embarquer des gens au hasard. La lacrymo est utilisée une première fois. Tout le monde se retranche dans le CCL. En bas, la fête continue. Certains ne sont toujours pas au courant de ce qui se passe en haut.

Avec une étonnante rapidité, les flics se jettent comme des enragés sur les lieux et assiègent le local fébrilement barricadé. Pour nous faire sortir, ils envoient du gaz lacrymogène par les extrémités de la porte d?entrée et par une fenêtre qu?ils ont cassée. L?atmosphère devient irrespirable.

Asphyxiées, les premières personnes tentent de sortir mais sont directement frappées à coups de tonfa, jetées à terre, insultées, menottées. Les flics regazent un coup alors que l?on continue de sortir. L?intervention est d?une brutalité hallucinante. Nous sommes ensuite embarqués dans les fourgons, et on se retrouve toutes et tous dans les geôles du commissariat central de Lille-Sud.

À ce moment l?incompréhensi on est totale. Les flics se défoulent. La violence atteint des sommets tristement ordinaires dans les geôles de France : injures racistes, sexistes, homophobes, humiliations, coups, mauvais traitements, pas d?eau ni d?alimentation pendant des dizaines d?heures, non assistance aux personnes évanouies ou suffocantes...

Au départ, le « pronostic vital » d?un flic serait engagé. Comme à leur habitude, les larbins de la presse régionale s?empressent de relayer la version policière, trop contents de semer le doute sur un graffiti « à caractère raciste et injurieux », et de taper sur notre journal et le CCL. Aucun policier n?« a été entraîné de force dans les locaux et molesté ». Au final, un flic serait en état de choc, sans même un ongle retourné. Conclusion : 53 arrestations, deux procès pour « jet de projectiles » et « violences sur agent »... pour rien.

Tous ces faits ne sont pas si exceptionnels. Surtout ici, à Wazemmes, dans ce quartier populaire et vivant attaqué depuis quelques années par une entreprise de nettoyage social menée conjointement par les flics, les urbanistes, la mairie et ses supplétifs sociaux. Le Centre Culturel Libertaire (CCL) fait partie des indésirables qu?il convient de faire déguerpir. Tout comme le raid policier organisé rue Jules Guesde il y a quelques mois, ce qui nous est arrivé vendredi soir est malheureusement récurrent à Wazemmes et dans les autres quartiers populaires lillois. Il s?ajoute à une présence policière continue dans le quartier et aux contrôles d?identité intempestifs...

Moins banal en revanche, c?est la rafle, le fichage, la rétention de plus de 50 personnes d?un seul coup, la réquisition d?affiches, brochures et littérature au sein d?un lieu politique. C?est dans un but politique, de contrôle et d?intimidation que cette opération a été menée.

Bien évidemment, nous apportons tout notre soutien aux inculpés. Mais nous témoignons également notre soutien total aux personnes du quartier qui pourraient s?estimer blessées par des tags idiots [1], pour lesquels le CCL et La Brique déclinent toute implication.

Pour finir, le collectif de La Brique aurait un conseil à donner à celles et ceux que ça ne dérange pas de colporter l?image d?un collectif qui ne prendrait pas la mesure, voire qui en rajouterait, dans le racisme ordinaire et la guerre entre les pauvres : apprenez à lire et demandez-vous à qui servent ces amalgames trop faciles. Bien sûr, et comme tout le monde, on n?est pas sauvé-es de certains déterminismes sociaux. Et on est prêt-es à en discuter. Mais surtout, vous observerez dans nos pages qu?on a toujours défendu les enfants de colonisés stigmatisés par l?État et une presse aux ordres, qu?on s?est toujours positionné du côté des femmes ? voilées ou non, des quartiers populaires, des victimes de bavures, des émeutiers, des engeôlé-es, des vandales, des crève-la-dalle...

Encore une fois : plus de hip-hop et moins de flics ? dans la rue des Postes comme dans toutes les autres.

Allez, salut.

[1] Pour que les choses soient claires, un individu pose depuis plusieurs années « cochon » sur tous les murs de la métropole, y compris ceux de magasins tels que les kebabs ou autres épicerie arabes. Une signature salement inopportune dans une société raciste qui stigmatise sans relâche les musulman-es.
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#3 sarah 15-05-2013 10:38
18-01-2011 18:33
merci d avoir pris le temps d' écrire et diffuser ceci, dans la geôle je pensais souvent à écrire un texte, les phrases me passaient en tête et mettaient de la distance (émotionnelle) avec ce qui ce passait. Mais une fois dehors j ai préféré faire une bouffe et la fête. Merci donc. Moi j'ai été bien conne j ai signé le papier de fin de garde à vue avant de me rendre compte qu'il était plein de mensonges 'a refusé de s'alimenter' des trucs du genre sur plusieurs pages.

NE SIGNEZ RIEN QUAND SI VOUS VOUS Y TROUVEZ UN JOUR!!!
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#4 LEVIEL Anne 15-05-2013 10:39
18-01-2011 20:00
Et le même jour, on apprend (entre autres) l'ordre de destruction d'une yourte d'un jeune couple en ardèche
Ca devient vraiment très inquiétant.
Faut parler, dire, faire circuler. et pas seulement aux sympathisants mais surtout à ceux qui croient encore que tout va bien.
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#5 tina 15-05-2013 10:39
02-02-2011 00:51
Non seulement des jeunes vivant dans une yourteont reçu l'ordre de destruction de leur habitat une famille Rrom vivant dans un chalet-mobile home sur leur propre terrain et dans leur petit exploitation ont reçu le même ordre et de la part d'un maire PS.

on comprend mieux pourqoi ils ne se sont pas mobilisés contre cette loi LoppsiII la plus liberticide qui soit!

une honte!

que veut on ? des sdf? des assistés? caser tout le monde dans des cages de béton? et encore ils ont "oublié d'en construire..."
Mort aux pauvres! qu'ils débarrassent le plancher !
voilà la politique de ce gouvernement et du PS. complice.
Ne l'oubliez pas le jour des élections ( puisqu'on ne se donne pas les moyens de les mettre dehors avant! et la police s'exerce in vivo à mater toute révolte et même pire tout rassemblement.. . et tout le monde semble dormir tranquille. Que lcauchemard!!!
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#6 olipanon 15-05-2013 10:40
18-01-2011 23:52
Damned!

Ce n'est qu'un détail de l'histoire, de notre belle france, fichu pays, qui est foutu, ou pas foutu?
les flics un point,les balafrés zéro!
Peut on tomber plus bas?
Arrhh, ils ont mis de l'action ces ....
Ce texte est une réaction salutaire mais comment se plaindre de ces plaintes? Et puis qui se plaint d'abord?

a vos marque, prêt, circulez il n'y a rien à voir.
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#7 athome 15-05-2013 10:41
19-01-2011 06:18
super bon ça. on dirai qu'ils font ça pour qu'on les haïssent, bizarre je ne comprend pas leurs modes de pensées?
plus ils tapent dures, plus les gents ce radicalisent !
le **** qui ce croit en tunisie lol y serai dans un sale état maintenant en tunisie.
il vous reste ANONYMOUS renseignez vous que diable !
soigner vos plaies et vos égaux et ne succombaient pas a la provoc facile il y a d'autres choses de mieux à faire ;-)
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#8 Roy 15-05-2013 10:42
19-01-2011 08:32
C'est le régime autoritaire, mis en place depuis des décennies et progressivement , qui avance.
C'est le pouvoir de certains bourgeois, de certains actionnaires, et, de tous ceux qui exploitent les individus par l'argent, par cet argent qui donne à ces mafieux plus de possibilités de contrôler tout ce qui peut l'être, avec le temps, tandis que d'autres deviennent de plus en plus pauvres, de plus en plus asservis.

La société que l'on nous prépare est bien évidemment pas celle dans laquelle nous voulons vivre.

Quant au régime français actuel il suffit de voir chaque jour les moyens policiers qui sont mis en oeuvre pour comprendre que ce système est un système de truands.

La sécurité c'est avant tout la leur (à tous ces oligarches et autres vendus), et avec ce "concept sécuritaire" est mis en place tout un système de surveillance des individus, de fichage, de contrôle, de moyens répressifs attentatoires aux libertés (comme ce qui est arrivé à Lille).

Que le peuple tunisien se révolte et que le gouvernement (dans un premier temps) soutienne le dictateur, il n'y a rien d'anormal puisque ce gouvernement ne représente pas le peuple mais les intérêts de financiers voire d'actionnaires étrangers qui cherchent à contrôler le monde.

On ferme des hôpitaux, on réforme l'éducation, la justice etc on casse les acquis sociaux, on réforme les retraites afin que tout soit privatisé progressivement , bref il y a tant à écrire, mais ce qui compte c'est de se dire que cette société de merde a dépassé le niveau de son espérance de vie, qu'elle est à l'agonie et quoi qu'ils fassent ils ne pourront pas arrêter les peuples.

Même si ces mafieux se réfugient dans des îles nous les rerouveront, tout ce qui a été volé aux peuples devra être rendu.

Qu'ils soient étiquetés de droite ou de gauche, qu'ils soient derrière tel ou tel parti, tel ou tel syndicat...nous les retrouverons.

Nous avons le temps qui est avec nous!


1) Ces groupes qui utilisent aujourd'hui la démocratie pour leurs intérêts personnels et contre le peuple (intérêt général).
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#9 simon 15-05-2013 10:43
19-01-2011 12:04
Ces évènements graves rappellent ce qui s'est passé à Lyon l'automne dernier pour
la manif contre le projet sur les retraites
Des centaines de manifestants ont été enfermés comme des rats pendant plusieurs heures sur la place Bellecour, au mépris du
droit de s'exprimer .Un État policier qui
ressemble à celui de Ben Ali .....
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#10 argneu 15-05-2013 10:44
19-01-2011 13:13
"un savoir-faire reconnu dans le monde entier" dixit mam. C'est tout ce qu'il nous reste à exporter
http://www.dailymotion.com/video/xgix06_alliot-marie-propose-d-aider-la-tunisie-dans-la-repression_news#from=embed
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#11 Fab 15-05-2013 10:44
19-01-2011 18:04
C'est plus que scandaleux. La france est vraiment un pays fachisant.
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#12 redshark 15-05-2013 10:46
20-01-2011 03:31
haaaaa !!! Et lui c'est pas en Tunisie qu'il faut l'envoyer !! Il veut utiliser son "gun" ben qu'il prenne un ticket pour Gaza !! c de flic ! batsi gourounia dolofoni
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#13 Psyderman 15-05-2013 10:46
20-01-2011 09:47
Une action en justice doit être possible, vous êtes suffisamment nombreux pour faire appel à un avocat, les juges ne sont pas forcément du côté du pouvoir et de l'inhumaine logique sécuritaire.
Unissez-vous en collectif et attaquez les devant les tribunaux que cette violence ne reste pas impunie.
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#14 Kunfu 15-05-2013 10:47
20-01-2011 14:40
Il y a quelques années au local CNT de la rue des Vignolles il y a eu de semblables violences, à l'occasion d'un concert, sous un prétexte quelconque.
Si ce n'est déjà fait, votre témoignage devrait être envoyé à Maurice Rajsfus
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#15 smolski 15-05-2013 10:47
20-01-2011 19:53
Bonjour,

De tout temps l'administratio n de police (royale, républicaine ou autres...) opère et se protège par l'usage d'une attitude répréssive irraisonnée. La crainte suscitée est sa protection essentielle.

Celà amène à penser qu'une société qui s'établi sur la contrainte (par la révolution ou par le vote démocratique) se reproduira necéssairement les mêmes corps constitués avec les mêmes abus.

Seul l'éveil des consciences individuelles permet la naissance et l'évolution de l'anarchie sociale.

"L'utopie n'est pas l'irréalisable mais l'irréalisée." T Monod
:-)
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#16 kolaire 15-05-2013 10:48
21-01-2011 21:08
Faites un rapport complet à Amnesty International.

Malheureusement votre rapport poignant ne fait que confirmer le rapport 2009 d'Amnesty sur la police française:

France - Des policiers au-dessus des lois

http://www.amnestyinternational.be/doc/IMG/pdf/Rapport_France.pdf

Amnesty - Brutalités policières en France

http://www.amnestyinternational.be/doc/IMG/pdf/EUR_2101309_tandia.pdf

http://www.amnestyinternational.be/doc/IMG/pdf/EUR_2101109_ajimi.pdf

http://www.amnestyinternational.be/doc/IMG/doc/EUR_2101209_soukouna.doc
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#17 Ironique49 15-05-2013 10:49
22-01-2011 21:44
J'ai lu avec attention la description de cette interpellation pour le moins contestable. ma question est donc la suivante : avez-vous, individuellemen t (les 53 personnes) et collectivement déposé plainte contre les agents des forces de l'ordre qui étaient présents ce jour là ? Au CCL comme au commissariat. Avez-vous entamé des démarches judiciaires pour dénoncer l'abus qui a été fait (me semble-t-il) dans le recours à un fichage (ADN ?) ?
Si tel n'est pas le cas, il y a-t-il des pressions, des menaces éventuelles qui vous font taire et/ou vous obligent à garder l'anonymat ?
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#18 Lille43000 15-05-2013 10:59
23-01-2011 12:47
Pour répondre à ces questions:

D'abord sachez que ce témoignage est seulement celui de deux personnes
interpellées.
Nous ne pouvons pas dire si tous les interpellés vont porter plainte, pour la
simple et bonne raison que nous n'en connaissons que quelques uns. En France, il
n'est pas possible de porter plainte collectivement, mais il est certain que si
53 personnes le font individuellemen t pour des faits similaires, cela
ressemblera forcément à une action collective.
Il n'y a pas eu, à notre connaissance, de fichage "ADN", seulement des relevés
d'empreintes, des photos et des noms, ce qui est déjà trop. Il semble qu'il
existe une procédure pour faire annuler ce fichage. Nous savons que quelques
personnes ont déjà entamé de telles démarches (plainte et annulation de
fichage)...
Enfin, non, pour notre part, nous ne subissons aucune pression ou menace... Nous
avons juste passé une semaine fatigante.
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#19 YessaPapa 15-05-2013 11:00
24-01-2011 19:05
"La France, tu l'aimes ou tu la quittes!!"
Il vas se passer quoi en 2012, Le Pen Junior vs Sarko au 2e tour????
On se barre ou on se défend?? Perso, j'ai tracé ma route, faîtes de même les amis, la France ne vous méritent pas...
Bon rétablissement aux "blessés" du CCL!!
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#20 MOI59 15-05-2013 11:00
27-01-2011 08:13
POLICE PARTOUT JUSTICE NULLE PART, BAVURE POLICIERE PAS DE SANCTIONS INJUSTICE NIQUE SA MERE!!!!!!!!
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